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de 2002 à 2010

Atelier municipales 2008

Le plan climat territorial - municipales 2008

Lutter local contre le réchauffement global

vendredi 18 janvier 2008

Le protocole de Kyoto fixe la réduction des émissions de gaz à effet de serre d’un facteur 4 d’ici 2050. En moyenne, cela équivaut à une baisse annuelle des émissions de 3% pour chaque poste : bâtiments, transports, industries. Cette répartition est d’à peu près 1/3 par secteur : 31% des émissions sont dues aux bâtiments, 32% sont dues aux transports et 28% à l’industrie.
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Chaque année, en France, un ménage moyen émet 17 tonnes de CO². 5,2 par sa consommation ; 4 tonnes par son chauffage et son logement ; 3,7 par l’usage de sa voiture individuelle ; 0,4 tonnes par son électricité ; 2,5 tonnes par le transport de marchandises et enfin 1,5 tonnes pour le chauffage au travail. (sources : ademe)

Au niveau local, et avec les compétences municipales, plusieurs moyens d’actions existent. L’action sur le bâti, par le biais de l’isolation et des nouvelles technologies énergétiques ; L’action sur les transports, en organisant un réseau de transport collectif ou en améliorant l’existant ; Et enfin, l’organisation d’une sensibilisation massive des habitants par l’adoption de nouveaux comportements et de nouvelles pratiques (recyclage, etc.)

Agir sur le bâti : l’exemple de la SIEMP

La Société Immobilière d’Economie Mixte de Paris (SIEMP) est un des outils d’action d’une ville comme Paris pour agir sur son aménagement. Les sociétés d’économies mixtes sont des organismes affiliés à la ville, qui détient au moins 51% du capital, les 49% du capital restant étant privés. A Paris, elle est présidée par Fabienne Giboudeaux. La SIEMP a notamment pour mission la résorption de l’insalubrité dans Paris. C’est ainsi que dans le XXème arrondissement, elle réalise une opération immobilière type éco-quartier. La réalisation de cet éco-quartier, en plein cœur de Paris et de ses difficultés architecturales (type Haussmannien, etc.) met les architectes face à des questions difficiles. En effet, la meilleure isolation pour les logements anciens reste l’isolation par l’extérieur, en travaillant sur la façade. Hors, dans Paris, celles-ci sont protégées et font tout le « charme » de la capitale. Dès lors, il faut convaincre qu’une réduction des émissions de facteur 4 est possible avec d’autres techniques, en voici un exemple.

Réduction des émissions de gaz a effet de serre par 4 d’un immeuble Haussmannien sans toucher à la façade (exemple utilisé au Grenelle de l’environnement)

Avant travaux : consommation de 410kwh/an/m²
Isolation du toit
Isolation du plancher du rez-de-chaussée, du sous-sol
Isolation extérieure du mur côté cour
Remplacement des vitrages et des portes (menuiseries) par du double, triple vitrage avec lame de gaz
Amélioration de la ventilation mécanique contrôlée
Remplacement de la chaudière ou réalisation d’une chaudière de type gaz à condensation
Coût total des travaux : environ 250 euros/m², soit environ 5% du prix de vente
Résultat après travaux : consommation de 120kwh/an/m²

Cependant, les immeubles type Haussmannien ou de type ancien, qui sont fortement protégés par les bâtiments de France (organisme de préservation du patrimoine architectural Français) ne font pas l’essentiel du parc de logement en Ile-de-France. Jusqu’en 1976, il n’existait aucune règlementation thermique. Celles-ci ont permis, au moment du choc pétrolier de modérer l’augmentation de la consommation énergétique française en la limitant de façon relative à grosso-modo 250kwh/an/m², mais avec des paramètres relativement complexes.

Il existe un parc de logement construit entre la seconde guerre mondiale et les années 1970, peu isolé, et très consommateur. Là, les normes architecturales sont moins restrictives que sur les bâtiments de type Haussmanniens ou classiques, mais tout est à refaire.

Le troisième segment est celui des maisons individuelles. Celles-ci sont les plus génératrices de GES (gaz à effet de serre) pour plusieurs raisons :

  • L’isolation par la présence de bâtiments environnant n’est pas assurée, l’enveloppe extérieure en contact avec l’air est très grande.
  • La plupart du temps, l’isolation et la ventilation sont de mauvaise qualité et particulièrement difficile à refaire dans l’habitat diffu.
  • Les modes de chauffage varient du catastrophique (fioul) au déplorable (électricité), dont le rendement est difficile à évaluer tant les installations divergent par leur qualité et leur entretien.
  • Enfin, la faiblesse de la densité que ce genre de construction entretien oblige à l’usage d’un véhicule individuel et empêche le développement de transports collectifs réguliers. Pour traiter ce type de bâti, il existe plusieurs solutions :
  • L’amélioration de l’isolation, le remplacement des menuiseries et éventuellement des chaudières ;
  • La création de réseau de chaleur pavillonnaires, assez coûteux a mettre en place mais terriblement économiques ;
  • Le soutien à l’installation de panneaux solaires thermiques ou photovoltaïques, éventuellement de chaudières bois ou cheminées.

Dernier segment, les constructions nouvelles, qui, depuis 2005, répondent à une nouvelle norme thermique . Cependant, cette norme est calculée en fonction des éléments fournies par le constructeur, il n’existe que très peu de contrôle de la réalité de l’application. Dans ce domaine, des expérimentations en Europe et ailleurs permettent de concevoir des bâtiments entier quasiment autonomes avec une très faible consommation d’environ 15kwh/an/m², qui peut être compensée par l’installation d’énergies renouvelables sur le toit, par exemple. En France, il n’existe pas encore de quartier conçus sur ce principe mais des premiers bâtiments vont être construits avec cette logique de tendre vers le « zéro émission ». Pour cela, il faut prendre en compte un certain nombre de paramètres : orientation, isolation, conditions climatiques, usage du bâtiment, etc. Un essai à été réalisé du côté de Limmeil-Brévannes (94), qui a réalisé une école à énergie positive.

Le plan climat territorial

Parmi les outils utilisables pour rendre cohérent la « facteur 4 », il existe l’outil du plan climat territorial. Son objectif est de conduire des actions évaluées pour suivre la courbe des GES.
7 communes en France avaient déjà adopté ce plan climat il y a 6 mois, et depuis, Paris en à également élaboré un. L’exemple de Nanterre est assez intéressant. Sur une durée de 5 ans, plusieurs actions sont réalisées dans différents domaines (bâti, transports, sensibilisation, etc.) Le plan prévoit d’ici 5 ans la réduction des émissions de 3% des émissions de la ville et de 10% celles des services municipaux et des dépendances de la ville. Pour cela une série d’actions sont réalisées : mise en place d’une chaudière bois, d’organismes de prêt de vélo, de véhicules électriques, de rénovation de certains bâtiments publics... L’essentiel est de pouvoir mesurer l’incidence sur les émissions de ces réalisations. Cependant, la limite de ce plan climat est inscrit dans sa démarche : il ne répond qu’aux problématiques d’émissions des services municipaux, dans une ville ou se croisent deux autoroutes souterraines et un patrimoine architectural tertiaire parmi les plus dense d’Europe.

Les difficultés du développement d’une nouvelle filière

Si parce que l’énergie est chère, la demande en diagnostic énergétique, en isolation naturelle et en énergie renouvelable est forte, il n’en reste pas moins que de nombreux problèmes émaillent le développement de ces nouvelles technologies énergétiques. Tout d’abord, le prix reste un facteur très handicapant. Hors subvention, il faut à peu près 15 ans pour rentabiliser un investissement dans les énergies renouvelables et presque 10 pour ce qui concerne l’isolation. Avec subvention, la durée moyenne descend respectivement de 8 à 7 ans. Ce retour sur investissement particulièrement long n’agit pas en faveur du développement des nouvelles technologies. De plus, les fameuses subventions sont distribuées sous forme de crédit d’impôts : il faut attendre un an pour voir la couleur du remboursement partiel de son investissement, sous réserve que l’information sur certains produits soient bien arrivés dans les services (il y a toujours un débat dans certains centres d’impôts pour savoir si les chaudières à condensation bénéficient d’un crédit d’impôt, la réponse est oui.) Autre handicap, le surcoût des isolants. Un isolant en laine de chanvre coûte plus cher qu’un isolant type laine de roche ou laine de verre. Mais, dans la facture finale, ce qui compte réellement c’est la main d’œuvre et là encore, la France à un retard particulier sur la formation de techniciens chauffagistes et d’artisans spécialisés dans l’isolation. Plus important encore, le préalable indispensable à la réalisation de travaux : le diagnostic énergétique. Aujourd’hui, la formation dure deux jours et n’est pas suffisante. Il manque en France 100 000 diagnosticiens énergétiques, pour évaluer les millions de logements et de bâtiments. Dès lors, les particuliers ou les copropriétés qui souhaiteraient engager une démarche de ce type se voient assez vite désavoués. Les Verts initient depuis plusieurs années des démarches visant à améliorer ce parcours du combattant. En Picardie, la région a organisé un prêt à 0% pour aider tous ceux qui s’équiperaient en énergies renouvelables. Dans certaines villes, une liste de diagnosticiens énergétiques existe et est à disposition du public. Enfin, en soutenant l’activité par des investissements locaux, les mairies participent à la création d’une filière pleinement dédiée aux nouvelles technologiques énergétiques.

Quelques réalisations en Ile-de-France et en Europe.

Limeil-Brévannes : réalisation d’une école à énergie positive (zéro émissions, consommation compensée par des énergies renouvelables)

Plan Climat territorial de Nanterre : Plan construit sur 5 ans avec comme objectif de réduire les émissions des services municipaux de 10%

Loos-en-Gohelle : réalisation d’un complexe de logements sociaux à haute qualité environnementale, ce qui a entraîné pour Jean-François Caron, maire Vert de la ville, la surprise de voir les prix de l’immobilier de toute sa ville s’envoler !

BedZed, logements ou éco-quartier du côté de Londres : aucune émission de gaz carbonnés

L’exemple de Fribourg, le quartier Vauban : première ville européenne à avoir entamé une démarche d’éco-quartier :

Le plan climat territorial de Paris : très différent de celui de Nanterre, non moins efficace

Quelques liens pour convaincre
Negawatt

Atelier de Fabienne Giboudeaux
Synthèse de Julien Sage
janvier 2008

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