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13 mai 2008 - La folle journée OGM

vendredi 23 mai 2008

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Même si nous sommes cinquante ans après le 13 mai 1958, qui marqua le retour au pouvoir du Général de Gaulle, ce mardi 13 mai 2008 a commencé pour moi comme un mardi ordinaire.

Comme tous les mardis matins, c’est toujours un peu la course : réveil mal programmé qui sonne avec une demi-heure en retard, conduite de ma fille à l’école (merci « l’accueil du matin ») et TGV de 8 heures à attraper avant de récupérer mon portefeuille oublié à la maison dans la précipitation. _ Pas de retard à l’arrivée à Montparnasse.

Ouf ! Je dois poser une question orale sans débat lors de la séance du mardi matin.
Comme prévu, à 11 heures, j’interpelle la ministre de l’Intérieur (qui n’est pas là) sur les problèmes d’effectifs et d’organisation de la police à Nantes. _ Aussitôt la réponse (insipide) entendue, je file rejoindre mes collègues Verts à la conférence de presse que nous avions organisée, fait assez rare, avec des députés PS (Germinal Peiro et Philippe Martin) et PCF (André Chassaigne).

Je suis agréablement surpris en voyant les journalistes présents en nombre (nous Les Verts, nous ne sommes plus habitués).
Chacun intervient de façon assez concordante.
Je dénonce le passage en force du gouvernement et de l’UMP sur ce sujet, de même que les socialistes annoncent avoir déposé 810 amendements (clin d’œil au maïs Monsanto 810 !).
Nous nous disons prêts pour cette bataille politique pour prendre une ultime fois l’opinion à témoin.

Avant de rejoindre le pique-nique organisé par les associations anti-OGM sur l’esplanade des Invalides voisine, Philippe Martin, député PS du Gers, brandit sa bouteille d’Armagnac pour témoigner de notre défense des produits du terroir sans OGM. Nous pensions trouver au pique-nique d’autres possibilités de dégustation (l’Armagnac en pleine chaleur, ce n’est pas vraiment l’idéal) mais en fait il fallait amener son propre casse-croûte : les comités anti-OGM n’ont pas les moyens des grands groupes, qui n’auraient pas manqué de déployer de copieux buffets !

A la séance des questions d’actualité de l’après-midi, cette fameuse loi OGM est encore évoquée : cette fois, c’est un député UMP, rapporteur du projet de loi (dans notre jargon, cela signifie représentant de la commission concernée), qui pose une question à Jean-Louis Borloo. Celui-ci répond par un discours très politique sur le thème « nous, nous sommes très volontaristes et très protecteurs vis-à-vis des OGM » (tiens, tiens, ce n’est pas vraiment ce que nous avions entendu auparavant : il était plutôt question de nous vanter les mérites des OGM). Il se permet même une attaque contre le PS qui n’a rien fait depuis six ans : étrange argument de la part d’un ministre qui l’est justement depuis six ans.

Après un moment de sérénité et de recueillement autour de l’hommage à Aimé Césaire, le débat commence enfin. Le PS défend la première « motion de procédure »- toujours dans notre jargon cela signifie motion, prévue par la procédure, qui permet de demander le rejet du texte avant son examen. Le gouvernement ne répond même pas à l’argumentaire développé par Germinal Peiro. Soumise au vote, la motion est repoussée par 114 voix contre 85.

André Chassaigne défend alors la deuxième motion, déposée cette fois par les députés communistes et Verts.
Le gouvernement et les députés UMP attendent, semble-t-il, que ça passe.
L’affluence a un peu augmenté dans l’hémicycle.
Deux ou trois minutes avant 18 heures, la présidente de séance annonce le résultat du vote avec une petite hésitation : la motion est adoptée par 136 voix contre 135 et 2 abstentions ! Après un bref instant de stupeur, les députés de gauche se lèvent et applaudissent à tout rompre alors que les députés UMP et les membres du gouvernement hésitent entre l’affalement total dans leur siège et la fuite immédiate !

La présidente de séance annonce que le texte est rejeté.
Plusieurs députés se précipitent dans la salle des Quatre Colonnes de l’Assemblée pour commenter la surprise aux micros des journalistes. La clameur monte quasi immédiatement de la place du Palais-Bourbon où sont rassemblés les manifestants anti-OGM. En allant les rejoindre, je croise un député UMP qui arrive en courant, un casque de moto à la main : lorsque je lui dis « trop tard », ça ne le fait manifestement pas rire.

Et voilà comment s’est terminée cette « journée OGM », dont je me souviendrai sans doute longtemps.

François de Rugy (Verts), Elu en 2007, raconte son expérience de député sur son blog 14/05/2008

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