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de 2002 à 2010

Position sur le Grand Paris, Marie Isabelle HECK, conseillère municipale au Kremlin-Bicêtre (Val de Marne)

jeudi 29 mai 2008

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Quelle représentation vous faites-vous de l’agglomération francilienne/parisienne ?
de sa zone dense ?
que signifie le terme de banlieue pour vous ?

Ma représentation : « On est toujours la banlieue de quelqu’un ».

La banlieue c’est une entité culturelle, sociale et économique.
On y plaçait ce qui ne doit pas être visible au sein de la gentrification parisienne, ce qui dérangeait comme les industries polluantes, ... bref ce qui correspondait au « ban » de la société.
C’est aussi souvent là que prennent racine des organismes sociaux innovants car libertaires et en lutte (comme Les Puces par exemple).
Enfin, c’est un entre-deux , une sorte de passage social entre la densification extrême des métropoles et les espaces vierges de toute urbanisation, une sorte de « zone des possibles permis à ceux qui n’en ont pas les moyens », comme le petit pavillon de banlieue qui a représenté depuis 1918 une sorte de paradis terrestre recomposé de nos campagnes montées en ville et qui a viré au rêve moderne américain.
Il y aura donc toujours des ou une banlieue en IdF, même si ses frontières se déplacent du fait des organisations et des hommes !
Quant à ses valeurs : à suivre car les populations changent et ont changé.
Et de fait, nous observons que le centrisme parisien se déporte et s’exporte depuis 10 ans au sein de communes limitrophes de Paris (Montreuil, Bagnolet, Montrouge, Ivry...).
Ces communes sont devenues des anti-chambres parisiennes des arrondissements qui les bordent avec espace garanti (loft) et esprit banlieue assuré (mixité sociale et mythes).
Il est intéressant d’observer le phénomène de micro-sociétés s’implantant dans des espaces industriels reconvertis et vivant en autarcie sociale au sein de quartiers populaires dans lesquels ils sont implantés (encore à l’américaine, mais re-mouliné au prisme francilien) .
Banlieue rime encore pour moi avec artisanat du fait des espaces qui lui sont encore dévolus et qui sont devenus inabordables du fait de la flambée immobilière de Paris intra-muros depuis 20 ans.
Par contre, la vigilance s’impose pour que les projets urbanistiques ou architecturaux prennent en compte les populations déjà implantées et leurs modes de vie.
Il n’est rien de plus « traumatisant » que de casser une mémoire et un dessin spatial sans l’accompagner.
Le territoire et son aspect est un repère fort pour les hommes qui le traversent.
On ne peut faire table rase des mémoires sans s’exposer à de graves conflits.
Je suis toujours frappée comme la dimension « territoire » est toujours vive chez les Franciliens et de fait entre Parisiens et Franciliens et quel que soit leur âge : les jeunes comme les vieux.
Maintenant et pour généraliser : le territoire francilien est à mon sens d’une très grande diversité.
C’est pourquoi il me paraît incontournable de réfléchir sur une grande focale mais aussi sur du micro-territoire.
Ce sont à mon sens les 2 dimensions à valoriser dans notre démarche.

Formuler les enjeux et les orientations qui vous paraissent guider le projet vert en Ile de France, dans ses dimensions territoriales et aux différentes échelles - en indiquant, le cas échéant, les spécificités de la zone dense

Je pense que notre projet doit être guidé par 2 niveaux de propositions :
- l’expertise SDRIF qui porte une connaissance en matière d’orientation globale et des données pointues et analysables : à condition de les interpréter au-delà des chiffres.
- la réorganisation administrative des territoires qui replacera la dimension politique du projet et la prise de décision à taille humaine avec pour exemple : faire tomber l’enceinte du périph, créer des Communautés d’agglomération à la place des Départements, donner à la Région IdF un rôle d’instance de cohésion et de solidarités.

En quoi celui-ci contribue à améliorer la vie quotidienne des FrancilienNEs (en veillant à distinguer, si nécessaire, les grandes catégories sociales et les grandes zones de la région) ? notamment pour les politiques du logement, des transports, de l’emploi ?

Cette question sous-tend que nous devrons faire des choix mais dans quel sens ?
Pour moi, le sens est la préservation de zones péri-urbaines pour les raisons que j’ai évoquées à la question 1.
En tant que Verte et donc écologiste, je place l’environnement et sa protection au premier plan mais pas seulement.
En IdF, nous avons détruit les zones maraîchères au profit des grandes cités et des zones pavillonnaires et aujourd’hui nous voyons comme il est primordial de remettre à flot les circuits courts d’approvisionnement mais avec des sols qui soient de qualité pour la culture ... ce qui me pousse à dire que nous devons aussi être vigilants sur la dépollution des sols industriels qui sont légion même si l’on veut bâtir du Logement ... et seul un organe Région puissant aura les moyens de ces politiques.
Il nous faudra nous donner des moyens colossaux et c’est là qu’intervient une fois de plus une réorganisation cette fois fiscale : la TP, sans nous fourvoyer dans une « super-structure globalisante » régionale.
Je réponds volontairement à côté de la question car je n’ai pas les données de l’expert.
Mais à vue de nez nous devons en premier lieu mettre une option prioritaire sur l’emploi car si les gens se déplacent, c’est pour l’emploi et une fois qu’ils travaillent en IdF, il faut bien qu’ils se logent : ça me paraît « rationnel » comme démarche.
Et le tout conditionne les transports, non ?

Comment répond-il aux enjeux écologiques (notamment à l’étalement urbain, à la réduction de la mobilité contrainte) ?

La sphère publique doit se doter de nouvelles dispositions ou appliquer ses lois concernant l’accès au Logement dans le parc privé.
Il existe de nombreux logements vacants en IdF et notamment dans les centres urbains.
Nous ne pouvons indéfiniment faire marcher le bâtiment (avec tout ce que cela comporte venant de ce secteur) et la sphère spéculative de l’immobilier, alors même que la demande n’est jamais assouvie telle une fuite en avant.
Il faut donc démultiplier le travail entrepris dans Paris entre propriétaires, bailleurs sociaux et collectivités, le favoriser pour le généraliser, créer des Agences Intercommunales du logement et ce au regard de l’expertise des bassins d’emplois par exemple. Et créer un cercle vertueux.
Nous ne pouvons indéfiniment créer de l’étalement urbain, qu’il soit vertical ou horizontal, ce débat est stérile à long terme.

Comment renforce-t-il la démocratie, rapproche-t-il le citoyen de la décision ?

À travers les Communautés d’Agglomération qui doivent devenir de réels organes démocratiques (élues au suffrage universel sur un projet politique, appliquant la parité...)

Comment contribue-t- il à la réduction des inégalités territoriales et sociales (ce n’est pas la même chose, car les territoires riches sont souvent ceux où les inégalités sociales sont les plus importantes )

Grâce à la puissance augmentée de la Région : collecte de la TP notamment (nouveau périmètre) et redistribution plus égalitaire dans le domaine imparable des solidarités.

Que pensez-vous du développement des intercommunalités à fiscalité propre en zone dense ? Faut-il le promouvoir, à quelles conditions ? Quel impact de votre schéma d’organisation sur ces intercommunalités ?

La fiscalité propre des Communautés d’agglomération doit être relayée par un super-Fonds abondé par la Région (TP) en matière de mise à niveau des moyens financiers redistribués, c’est à dire aussi sur de nouveaux critères plus affinés dans certains domaines concernant l’intervention publique et les solidarités.

Faut-il renforcer le rôle de la Région ? si oui, dans quels domaines ?

Le plus frappant est celui des réseaux routiers et/ou autoroutiers (création, entretien, requalification).

Quelle initiative pourrait prendre l’Ile de France vis à vis des autres régions du BP (par exemple, une conférence des régions, pour définir les enjeux communs et les coopérations) ?

Pourquoi pas et dans un rôle de consultation. Je pense notamment aux circuits courts de distribution et d’approvisionnement.

Quelle faisabilité, compte tenu notamment des forces en présence ?

Elle est bonne à mon sens dans le climat actuel car elle ménage les positions de la droite comme de la gauche : souhait de voir disparaître les Départements dans de nombreux cercles de droite et volonté d’attribuer de nouveaux rôles actuellement non obligatoires aux Régions à gauche, avec une culture européenne qui pousse dans ce sens.

Elle se fera évidemment sur le long terme mais l’impact des luttes ou des lobbies au sein des Communautés d’agglomération n’est pas à négliger.

Quelle stratégie mettre en oeuvre par rapport au débat sur le Grand Paris ?
Une présence permanente sur ce sujet à l’extérieur du mouvement Vert et sans cacophonie.

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