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de 2002 à 2010

« Grand Paris » : ne diluons pas les territoires de projets au profit des intérêts financiers !

jeudi 29 mai 2008

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Qu’est ce qu’on entend par « le Grand Paris » ?

On entend, grosso modo, par « le Grand Paris » un espace géographique associant au sein d’une instance de coopération qui reste à définir, la capitale et les communes de la première couronne.
Le périmètre et le statut juridique, déclinaison du projet que les pouvoirs politiques souhaiteront accorder à cette instance, alimente aujourd’hui les débats. _ Aujourd’hui tous les acteurs intéressés sont « d’accord » sur l’idée qu’il faut créer une instance « de coopération ou de régulation » pour « fluidifier » le développement de la zone centrale.

Qu’est ce qui caractérise l’espace du « Grand Paris » ?

Une forte concentration des activités humaines :
-Une des densités humaines les plus importantes en Europe,
-La concentration de la majeure partie des emplois de la région,
-Une densité de transport faisant du Grand Paris un espace de mobilité,
Une concentration des pouvoirs économiques , unique en France :
-Une place financière de rang international,
-Une forte densité de siège sociaux,
-Une densité de laboratoire de recherche et d’industries de pointe,
-Un potentiel fiscal des EPCI, des communes et des départements importants,
Des contrastes saisissants entre les quartiers au regard :
-De la richesse fiscale des communes,
-De l’environnement entre territoires préservés et ceux dédiés aux circulations (autoroute, voies ferrés, aéroport) et aux activités polluantes,
-De la localisation et de la concentration de logements sociaux,
-De la localisation des activités économiques, Sa localisation au coeur d’une vaste région :
-Une région constituée de 75 % d’espaces ouverts : forêt, agricultures (grandes cultures essentiellement), espaces naturels.
-Une politique de maintien d’une ceinture verte (la présence en limite de l’espace rural est un élément fort du maintien de la ceinture verte)
-Des migrations importantes centre /périphéries et banlieue à banlieue (en augmentation)
-Un émiettement urbain pénalisant un développement équilibré de « l’arrière pays »
-L’augmentation du prix du foncier favorisant l’étalement urbain et le dérèglement du marché foncier agricole

Quels scénarii pour l’espace du « Grand Paris » ?

Les perspectives positives : une instance de concertation et de coopération entre acteurs (Région, EPCI, Etat, Organismes publics et consulaires) au service de la solidarité territoriale visant à :
-Une plus grande solidarité financière entre les communes et les EPCI,
-Une meilleure répartition de la production de logements sociaux,
-Une plus grande mobilité et fluidité à l’échelle locale entre les territoires (ex. le dépassement du périphérique)
-Une répartition plus homogène des équipements urbains, des lieux de pouvoirs,
-Une vraie reconnaissance et valorisation les EPCI dans leur projet,
-Une plus grande coopération entre les territoires de projets favorisant la mise en réseau des centralités existantes,
-La définition de périmètres d’actions (logements, transports en commun, développement économique, trames vertes, éco-parcs...),
-Une plus grande mise en lien avec les territoires de projets situés en couronne rurale (mise en place de circuits courts au bénéfice du bio...),

Les perspectives négatives : Une instance de décisions au service de la puissance économique internationale participant à :
-L’augmentation de la construction de m2 de bureau au détriment de logements,
-Le développement des transports uniquement entre les pôles économiques,
-La dilution des territoires de projets existants ou en construction,
-Le développement d’une urbanité de tours et d’infrastructures niant les habitants et la proximité,
-La concentration des équipements, des richesses et des investissements sur quelques pôles au détriment du reste de la région et du bassin parisien,
-Le renforcement des ségrégations spatiales avec les espaces limitrophes,
-L’élargissement du fossé entre un espace fermé n’ayant plus de lien avec le reste de la région,
-Le renforcement de la planification au centre de la région au détriment du rural,

Proposition pour le renforcement d’une éco région : Reconnaître, valoriser et soutenir les territoires de projets du bassin parisien

La plupart des outils existent déjà au niveau des collectivités (région, conseils généraux, EPCI) :
-Outils de planification, d’acquisition et portage foncier, de protection de l’environnement, d’animation, financiers, de projets territoriaux (ex. PNR) existent...
-Le renforcement des compétences de la région n’est pas synonyme d’une meilleure maîtrise du développement parce qu’il faut se donner les moyens d’appliquer sa politique sur le terrain (qui, comment...) et l’articuler avec celle des autres acteurs,

  • _ Etendre le périmètre régional n’est pas une solution (au contraire) : on ne fera que renforcer la centralité du cœur d’agglomération au détriment des métropoles régionale, du maintien des petits pôles de l’espace rural francilien, et du maintien des espaces ouvert au sein de la ceinture verte.

Quels sont les freins au développement équilibré de la région ?

  • Les périmètres trop restreints des territoires de projets empêchent de disposer d’un impact réel sur la pente naturelle du développement,
    -Le manque de coopération entre les territoires de projets, le déficit des moyens pour l’animation de dialogue territoriaux (connaître ce qui existe),
    -Le manque d’articulation entre l’ensemble des politiques publiques sur les territoires (ex SDRIF et SRDE...),
    -Le manque de mutualisations des ressources ,
    -Le déficit d’équipements et d’infrastructures (haut débit, transport en commun en site propre)
    -Le manque d’instance de rencontre, de débat, de transfert entre territoires et acteurs au service d’une vision partagée de la métropole du 21 ème siècle.

Le renforcement des coopérations entre territoires de projet est une réponse (répondant à un projet Vert) au défi de la métropole :
-Les territoires de projet s’appuient sur la connaissance de l’existant, la mise en débat avec l’ensemble des acteurs et des habitants des axes de développement (ex. conseils de développement), la mise en réseau des structures (organismes de développement, consulaires et des services (région, département, EPCI, Etat) au regard des thématiques concernés.
-L’élaboration de coopération Type Pays Loi Voynet) entre territoire permettent la construction de périmètres pertinents pour l’action (déplacement, logement...)
-La mutualisation des moyens humains et financiers pour l’animation et le financement des projets

Une politique régionale d’appui à l’éco région pourrait favoriser le renforcement :

  • De Communautés d’agglomérations
  • De Parcs Naturels Régionaux
  • De Pays regroupant les EPCI et faisant passerelles entre les régions du bassin parisien
  • La mise en place d’instance de coopération type réseau rural (politique du FEADER) et « Grand Paris ».

Quelle instance pour le « Grand Paris » ?

Le Grand Paris pourrait être :
-Une instance de rencontres entre acteurs (y compris habitants), de transfert d’informations et de débats,
-Une instance d’animation de valorisation, d’articulation et de coopération entre les territoires de projets,
-Une instance de décisions pour l’aménagement et le développement d’équipements et de services d’intérêt général,
-Une instance permettant de mutualiser les ressources humaines et financières nécessaires au développement du « Grand Paris »,
-Son périmètre doit s’appuyer sur Paris et les communautés d’agglomération limitrophes, pouvant aller jusqu’au début de la ceinture verte (environ 15 km).

Le Grand Paris ne doit pas être
-Un EPCI à fiscalité propre n’offrant pas de lieux de débat des décisions et imposant ses décisions
-Une instance au service des intérêts financiers et spéculatifs
-Une instance brisant les territoires de projets existants limitrophes à Paris

Contribution de Loïc Lorenzini

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