Archives des Verts IDF Archives des Verts IDF
Archives des Verts IDF
de 2002 à 2010

Contribution de Charlotte Nenner au débat du Grand Paris

jeudi 29 mai 2008

Envoyer à un ami
Version imprimable de cet article

(sous forme de réponses aux questions proposées)

Quelle représentation vous faites vous de l’agglomération francilienne/parisienne ? de sa zone dense ? que signifie le terme de banlieue pour vous ?

L’agglomération parisienne a divers visages.
Le visage vitrine, qui selon les opinions englobe le Paris touristique , La Défense, le grand stade...
Le visage chic de l’Ouest Parisien, de Neuilly et de Vincennes.
Le visage maudit des quartiers chauds, de la banlieue et des grandes cités dortoirs.
Et enfin un visage quotidien, sans histoires, un peu caché, fait de zones résidentielles ou industrielles, sans identité apparente très marquée.
La zone dense n’a pas de contours précis, mais elle englobe assez facilement les départements de la petite couronne.
La banlieue est par définition en dehors de Paris et du périphérique, donc traduit des réalités, des identités et des territoires divers.
Mais tous ceux qui y habitent ou y travaillent, pour une raison ou pour un autre, se réclament de Paris.
Un gamin de St Denis dira en colonie de vacances, qu’il est de Paris.
Un cadre de la Défense dira qu’il travaille à Paris.
Par simplicité, parce que Paris est plus connu, mais aussi parce que l’identité parisienne est forte.
La banlieue de Paris est ainsi vécue comme « en dehors » mais terriblement dépendante du « dedans ».
Ceci se contrebalance par une identité forte émergente : celle du «  9-3 », qui suscite une fierté un peu bravache, pas inintéressante...

Formuler les enjeux et les orientations qui vous paraissent guider le projet vert en Ile de France, dans ses dimensions territoriales et aux différentes échelles - en indiquant, le cas échéant, les spécificités de la zone dense

Les enjeux d’un projet vert en Ile de France sont la redistribution des richesses pour lutter contre les inégalités, la lutte contre l’étalement urbain et la défense des espaces naturels et des terres agricoles, tout en répondant au défi du logement, le transfert de la voiture individuelle vers des modes moins polluants et la décroissance des déplacements contraints, la création d’échanges plus démocratiques entre les territoires...
En zone dense, il s’agira de créer de la densité là où c’est possible  : c’est le projet de ville compacte, à poursuivre en petite couronne.
Il s’agit de créer de la ville sur la ville : plus de logements, surtout sociaux, plus de transports en commun, notamment en rocade, plus d’équipements publics et culturels...
Il s’agit aussi de créer les conditions d’un vrai rééquilibrage de ressources là où les inégalités sont fortes et d’arrêter la compétition entre les communes sur les implantations d’entreprises et de sièges sociaux.
Dans les zones moins denses, c’est au contraire l’urbanisation «  sauvage » qu’il faut maîtriser, pour lutter contre l’étalement urbain.

Le schéma d’organisation préconisé, notamment pour la zone dense (comment définiriez-vous celle-ci) ?

(schéma à approfondir)
Le « Grand Paris » (ou « Paris Métropole ») regrouperait Paris et les trois départements de la petite couronne : 93, 92, et 94.

Les 20 arrondissements de Paris deviendraient des communes de plein exercice.
Le Conseil de Paris serait élu parmi les conseillers d’arrondissement, comme actuellement.
Le Maire de Paris resterait Maire, mais plutôt comme Président du Conseil de Paris. _ Paris garde son statut de département.

Les communautés du 92, du 93 et du 94 seraient bâties sur le même modèle institutionnel que Paris.
Une Communauté des Hauts de Seine serait créée, ayant un double statut  : à la fois communauté urbaine et département.
Idem pour le Conseil de Seine St Denis et pour le Conseil du 94.
L’organisation serait calquée sur celle de Paris vis-à-vis des arrondissements.
Les Conseillers seraient choisis parmi les conseillers municipaux des villes de la communauté.
Comme pour Paris, les compétences entre les communes et la communauté doivent être définies.
Il y aurait un Maire des Hauts de Seine, un Maire de Seine St Denis....

Le Grand Paris serait alors une grande communauté urbaine, comme celle de Lyon, avec des compétences sur la fiscalité (taxe professionnelle unique), sur la gestion de grands services publics (déchets, eau) et équipements publics et culturels, sur la définition des règles d’urbanisme et sur les déplacements, hors transports en commun (vélos en libre service, parkings, routes départementales et grands axes).

En quoi celui-ci contribue à améliorer la vie quotidienne des FrancilienNEs (en veillant à distinguer, si nécessaire, les grandes catégories sociales et les grandes zones de la région) ? notamment pour les politiques du logement, des transports, de l’emploi ?

Cette organisation institutionnelle permettrait de redistribuer les richesses en Ile de France en faveur des quartiers défavorisés et enclavés, permettant des investissements importants (qualité environnementale des logements, transports en commun...). _ Elle permettra de construire des logements sociaux pour pallier à l’immense demande.

Comment répond-il aux enjeux écologiques (notamment à l’étalement urbain, à la réduction de la mobilité contrainte) ?

Elle permet de densifier la petite couronne, pour répondre à la demande de logement, tout en limitant le recours à l’étalement urbain. La taxe professionnelle unique permettra d’harmoniser les implantations d’entreprises et d’emploi pour réduire les distances logements - travail.

Comment renforce-t-il la démocratie, rapproche-t-il le citoyen de la décision ?

L’élection des conseillers communautaires parmi les conseillers municipaux renforce l’élection municipale et permet de clarifier le jeu démocratique par rapport aux intercommunalités existantes.
Malgré les trois étages (commune, communauté et super communauté), le citoyen reste principalement représenté par son Maire et par les conseillers municipaux.
La proportionnelle est maintenue et même amplifiée.
Le Maire reste le principal « responsable » de l’organisation de la démocratie participative.

Faut-il renforcer le rôle de la Région ? si oui, dans quels domaines ?

Il faut poursuivre la décentralisation et notamment transférer des pouvoirs de l’Etat vers la Région, en ce qui concerne la fiscalité locale, pour lui donner des marges de manœuvre en particulier en ce qui concerne les transports en commun.
La Région devrait continuer à piloter le STIF.
La Région doit renforcer le fond de solidarité, pour permettre les investissements nécessaires en grande banlieue.

Quelle faisabilité, compte tenu notamment des forces en présence ?

Ce schéma semble réaliste, et même peut constituer une première étape.
Il respecte les territoires administratifs actuels et permet une mise en place rapide et simple.
Certains arrondissements parisiens seraient peut être trop petits et pourraient alors se regrouper.

Quelle stratégie mettre en œuvre par rapport au débat sur le Grand Paris ?

Stratégiquement, s’opposer systématiquement au Grand Paris serait une erreur.
Effectivement les ambitions de la droite visent uniquement à la compétition internationale et aux ambitions présidentielles qui veut ériger sa grande tour.
Mais rien ne nous empêche de profiter de ce débat pour poser les bonnes questions et apporter des solutions innovantes, issues du SDRIF, tout en reconnaissant que la zone dense a sa particularité.
Ce serait ainsi peser pour que le Grand Paris ne soit pas l’organe permettant uniquement l’érection de tours, mais également l’outil de redistribution de richesses.
Ce serait le discours du type : « vous voulez le Grand Paris ? Chiche, mais il va falloir que Neuilly paye pour St Denis. »
A gauche, nous devrions aussi éviter le conflit qui oppose Paris et l’Ile de France, qui vire de plus en plus au conflit entre Huchon et Delanoe.
Opposer aussi Grand Paris et SDRIF place la droite en situation d’être la seule à proposer un projet nouveau en vue des élections régionales.

Charlotte Nenner
11 mai 2008

Mots-clés : ,
Top
Plan du site | Revue de Web | Site réalisé par Oizoo avec SPIP | SPIP
Les Verts Ile de France - 5 rue d’arcueil - 75014 Paris - Tél. 01 45 65 33 60 - Fax. 01 45 65 41 50