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de 2002 à 2010

le point de vue d’un Vert

Technologie sans fil : mieux vaut être « vieux jeu » que « game over » !

lundi 28 juillet 2008

C’était inévitable, à 33 ans je viens de me faire taxer précocement de « vieux jeu ». On a beau dire, relativiser, se dire que le môme qui vous l’a balancé était vraisemblablement excédé, refusait tout simplement d’entrer en communication avec le petit homme vert qui se tenait à ses côtés, jouer la carte de l’orgueil... il n’empêche, ça fout un coup au moral !
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Motif ? Un bête désaccord sur le téléphone portable et les ondes électromagnétiques.
En effet, je refuse catégoriquement d’installer le wifi à la maison, et un bras de fer s’est donc engagé entre mon petit frère et moi.
Quant au portable, cela fait des années que je l’ai abandonné. Pour plusieurs raisons....
Mais par-dessus tout, et là est la raison du litige, le portable et les ondes électromagnétiques présentent des risques épidémiologiques pour la santé publique. Voilà pourquoi, je refuse catégoriquement d’installer le wifi.
Mais mon entêtement peut-être vous prête à sourire...

Alors songez simplement que si vous ressentez des maux de tête, si vous êtes relativement anxieux et avez des tendances dépressives voire suicidaires, ou que vous observez chez vous de la fatigue et une réduction de la libido, peut-être est-ce que votre portable ne décolle pas assez souvent de votre oreille ou que vous baignez dans les ondes électromagnétiques diffusées par le wifi ou les antennes relais des mobiles comme le prévient sur son site l’Organisation mondiale pour la santé (OMS) .
Je sens déjà venir chez certains d’entre vous quelques sueurs froides... aurait-on soudainement comme un « gloups » qui se ferait sentir en travers de la gorge ?
Si tel est le cas alors préparez-vous dès à présent à ce que le sourire que vous aviez sur le coin de la bouche se transforme en un véritable rictus et se teinte d’une belle couleur jaunâtre. Une simple recherche sur le net d’associations de consommateurs militantes pour l’éveil des consciences sur les risques liés aux ondes électromagnétiques vous fera découvrir des centaines de pages de rapports d’organismes scientifiques tous les uns plus alarmants que les autres au fur et à mesure que ces derniers se font récents. Parmi ses associations, se démarque pour son sérieux et son militantisme l’association nationale pour la technologie sans fil, Robin des Toits
. Loin d’oeuvrer à l’instauration d’une paranoïa générale sur les technologies sans fil afin d’interdire le portable, elle entend simplement faire honneur à l’esprit de Diderot en faisant part aux consommateurs de ses « connaissances éclairées » afin qu’il soit à même de choisir en conscience d’utiliser une technologie susceptible de porter préjudice à sa santé.
Sur son site, elle met à disposition gratuitement la lecture des dernières études et rapports scientifiques officiels ou indépendants sur les effets biologiques et sanitaires des ondes « type téléphonie mobile » (téléphone portable, antennes relais, wifi, sans fil dect, bluetooth...) dont le Rapport BIOINITIATIVE du 31 août 2007 validé et soutenu par l’Agence européenne de l’environnement qui apporte des preuves formelles sur les effets génétiques, sur les effets des protéines de stress, sur votre fonction immunitaire, sur la neurologie et le comportement, sur l’origine des tumeurs du cerveau et des tumeurs du nerf accoustique, des cancers enfantins, de la leucémie, sur la maladie d’Alzheimer et bien d’autres encore de ce genre de petits cadeaux empoisonnés d’où le fait de restreindre, à long terme, l’utilisation prolongée de votre petit camarade de tous les jours nommé téléphone portable, ainsi que des autres sources électromagnétiques.
Evidemment, on tente de se réconforter comme on peut, et on se dit que si le téléphone portable était vraiment ce qui serait peut-être le grand facteur de risques épidémiologiques de ce début de XXIe siècle, alors il ne serait pas commercialisé... oui... c’est sûr... à condition d’être un fan invétéré d’Aldous Huxley et de vivre béatement dans le meilleur des mondes.
Soyons donc sérieux et revenons sur terre avant qu’elle ne pète.
Prenons pour exemple le premier acteur mondial du marché de téléphonie mobile, Nokia.
Au premier trimestre 2007, l’entreprise réaffirmait sa position de leader avec un chiffre d’affaire de 9,8 milliards d’euros, en hausse de 4 % par rapport au premier trimestre 2006. _ Soit, durant cette période, 91,1 millions de téléphones portables qui ont été commercialisés par l’entreprise.
Les chiffres sont vertigineux et il n’est pas difficile de comprendre pourquoi il n’est vraiment pas dans l’intérêt des groupes de télécommunication que les études scientifiques indépendantes sur les dangers du portable se retrouvent étalées au grand jour dans les médias à la vue du public-vache-à-lait.
Pour ces dernières, la concurrence est acharnée et la course est lancée à la technologie dernier cri, qui nécessite par ailleurs des fortunes astronomiques en investissements.
L’utopie de repenser la téléphonie moderne reviendrait à perdre le temps qui leur est si précieux, en investissant dans la recherche, voire à renouveler les chaînes de montage.
Dans la même optique, demandez-vous pourquoi les voitures qui fonctionnent à d’autres sources d’énergies que le pétrole ne sont pas commercialisées, si ce n’est qu’elles mettraient les entreprises liées au secteur pétrolier et à l’automobile sur les rotules ?`
Bonjour les licenciements en masse chez Esso où vous n’irez plus du tout le jour où par hasard vous et vos compatriotes vous serez aperçus que vous pouvez rouler à l’huile de friture comme le propose l’association Roule ma frite ou l’entreprise Erla .
A la différence près que pour les technologies sans fil, il n’y a jusqu’à aujourd’hui encore aucune alternative.
On comprend aussi les conflits d’intérêts entre les utilisateurs et les groupes de téléphonie qui se traduisent par des procès de ces derniers pour « diffamation » aux associations de défense des consommateurs, le financement de rapports scientifiques sanitaires, la pression sur les politiques et les scientifiques.
Ainsi en a pu faire la douloureuse expérience Etienne Cendrier, porte-parole de Robin des Toits, à qui Bouygues Telecom demandait pas moins de 200 000 euros alors qu’il était « non imposable » et exigeait la condamnation de ses propos sur la dangerosité de la téléphonie mobile.
Il y avait de quoi grincer les dents, l’association va jusqu’à proposer un pack pour agir globalement en faisant pression au niveau politique contre les nuisances des ondes électromagnétiques.
Il faut donc croire que pour les « padrino » de la technologie sans fil, le droit à la liberté d’expression doit s’effacer devant le droit du pognon.
En revanche, si la légitimité de certains rapports d’enquêtes de scientifiques financés par ces entreprises peut être logiquement mise en doute, on peut se demander quel intérêt ont des particuliers « non imposables » à se mettre les plus grands groupes financiers à dos ?
Réponse évidente, concluez-vous vous-même : aucun.
Si ce n’est d’essayer de se battre, David contre Goliath pour ne pas finir d’une tumeur au cerveau d’ici dix ans parce qu’on aura été un peu trop exposé aux ondes électro-magnétiques, et pas assez prévenu sur les dangers sanitaires des ondes électromagnétiques.
Pour finir, songeons que si le danger était vraiment « inexistant » ou « négligeable » ou encore « non prouvé » alors demandons-nous pourquoi comme le souligne si judicieusement l’association Robin des Toits, « il est à noter que depuis 2000 à 2003, les grands groupes de réassurance mondiale (LLoyds, Suisse de Ré, Allianz) n’assurent plus les risques sanitaires liés aux ondes électromagnétiques » ?
Tout économiste attaché à l’écologie politique sait pertinemment que son premier allié sera toujours les grands groupes d’assurances, premiers inquiets des résultats des rapports scientifiques qui sont faits sur la santé publique.
Là non plus, il n’est pas bien difficile de deviner quel en est le moteur.
Toujours l’argent. Sauf que cette fois les intérêts sont inversés et vont « dans le sens » de la santé du consommateur.
Dans la perspective qu’il vaut mieux pour votre assureur vous prévenir... que vous guérir !
Moralité : mieux vaut être « vieux jeu » quand il s’agit de sa santé, que jeune, con, ignorant, et atteint d’une tumeur au cerveau d’ici dix ans ! Et toc !

Aurélien Roulland

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