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de 2002 à 2010

Atelier

Nos modes d’engagement : les différentes formes de militantisme et d’action au sein d’Europe-Écologie

Convention IDF du 8 mai

dimanche 30 mai 2010, Par Natalie Gandais-Riollet

Près de 120 personnes ont participé à cet atelier, réparties en 5 tables rondes avec animateur-rice-s et rapporteur-e-s : Rodrigo Arenas, Karima Delli, Nathalie Laville, Alli Meziane, Barbara Feledziak, Suzanne Grandpeix, Louis Jouve, Julien Bayou, Juliette Grange, Thomas Tully.
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Etaient présents de nombreux militants associatifs (Brigade des clowns, Jeudi Noir, Don Quichotte, Greenpeace, écologie, féminisme, solidarité internationale, accueil des sans-papiers, parents d’élève, ATTAC, alphabétisation, groupe de réflexion sur des méthodologies de structuration d’intelligence collective (« les transitionneurs ») etc, ainsi que des syndicalistes (correcteur de livre CGT, UNEF, etc), des politiques (Utopia, Verts : militants et élus municipaux, No Berlusconi Day, ex-Verts, divers gauche, ex-Cap21), des entrepreneurs sociaux (Groupe SOS), et des personnes engagées professionnellement : action sociale, ex-permanente d’un mouvement féministe canadien, collaborateurs d’élus, artistes (écriture de romans ou de pièce engagée), création de sites de contre information...
On a voulu donner la parole au plus grand nombre, et de ce point de vue c’était réussi : on a pu connaître la diversité en termes de degré, de type et de mode d’action, et la richesse des parcours et des activités militantes des participants, et proposer des réponses aux questions 1 et 2 du groupe 4.

Ce rapport est la synthèse des rapports des 5 tables rondes.

Introduction de l’atelier animé par Rodrigo Arenas, Karima Delli, Nathalie Laville, Ali Meziane, Barbara Feledziak, Suzanne Grandpeix, Louis Jouve, Julien Bayou, Juliette Grange, Thomas Tully.

Introduction à l’atelier

Parce qu’aujourd’hui nous ne parvenons pas, avec les organisations existantes, à transformer la société à la hauteur des besoins exprimés par nos concitoyens, nous avons la responsabilité de construire une organisation politique nouvelle.

Pour réussir, il sera nécessaire que nous soyons le plus nombreux possible à nous reconnaître dans cette nouvelle organisation, et à nous y plaire. Pour nous « reconnaitre », il faut d’abord nous connaitre. A Europe-Écologie, nous sommes divers, encore plus divers que nous le sommes dans nos partis ou associations d’origine. L’organisation à construire doit tenir compte de nos diversités, de la diversité de nos modes d’engagements, de la diversité de nos militantismes.

Militer, ça veut dire quoi ?

Le but de cet atelier, c’est d’abord de décrire, de définir, de préciser nos pratiques militantes, selon que nous appartenons à un parti politique, une association, un syndicat, ou bien si dans notre métier nous avons le sentiment de militer pour une cause, ou bien simplement si dans notre vie quotidienne, par nos modes de vie, nos pratiques de consommation, nous avons un sentiment d’appartenance au peuple de l’écologie, et la volonté que l’écologie politique parvienne un jour au pouvoir.

Mieux nous connaître, c’est se donner la possibilité d’offrir à chacun et chacune, dans la future organisation, la place à laquelle il/elle se sentira le plus à l’aise.

Ensuite, comme cette convention s’inscrit dans un processus national, et que nous aurons à rapporter à la convention nationale du 5 juin, vous pourrez préciser ce que vous souhaitez-vous de « plus » en venant à Europe-Ecologie, en proposant des réponses aux deux premières questions du groupe 4.

Et puisque nous avons plus d’un an d’existence, vous pourrez aussi dire ce qui ne vous plaît pas trop dans l’Europe-Écologie d’aujourd’hui.

Natalie Gandais-Riollet
porte-parole des Verts Ile-de-France

Critique de la forme « parti » classique, limites de l’engagement associatif, espoir d’une nouvelle forme d’organisation politique

Des participant-e-s expriment leur rejet des formes d’organisation et des pratiques classiques dans les organisations politiques et les syndicats, leur critiques des courants des Verts, de l’ambiance pas forcément « sympa », des nombreux débats passés sur l’organisation interne et donc non tourné vers l’extérieur, critique des relations entre l’appareil national d’un parti et les élus d’un côté et les militants locaux de l’autre (l’élu étant dans ce cadre le médiateur destiné souvent à « faire passer la pilule » – à gérer les frustrations des militants non-élus et à transmettre les directives). Critique des politiques perçus comme « coupés du terrain ».

D’un autre coté, l’engagement associatif est très riche, mais rencontre vite des limites notamment dans son pouvoir d’action et de mobilisation. C’est pourquoi de nombreuses personnes ont complété leur engagement associatif par un engagement politique. Cela dit, les difficultés sur le terrain sont réelles. Il y a souvent beaucoup d’adhérents et peu de militants, une partie est surinvestie, les autres ayant une présence sporadique. Par ailleurs, il y a de grandes difficultés à avoir plusieurs engagements (associatif et politique, local et national).

Il est important de garder un lien entre l’engagement associatif et politique. L’engagement associatif est dit comme plus spécialisé sur un domaine bien précis d’action alors que l’engagement politique sera plus généraliste. Par exemple sur le plateau de Saclay, une association a été créée regroupant des associatifs et des élus verts afin de proposer des projets constructifs notamment dans le domaine de l’agriculture. Sur ce point, poids à donner aux comités locaux en place pour faire le lien avec les associations présentes sur le terrain et faire des choses concrètes.

EE est perçue comme un mouvement fédérateur de gauche, écolo et décloisonné, agglomérant des personnes venues d’horizons très différents mais qui se retrouvent autour de valeurs communes de l’écologie politique, tandis que la militance dans les associations est forcément cloisonnée. On a plaisir à s’y sentir « plus nombreux », à faire partie d’un mouvement de masse, ouvert, qui suscite l’espoir : en effet, EE est perçue par certains comme un outil de conquête du pouvoir par rapports aux Verts qui ne seraient qu’un outil de proposition politique. EE doit toutefois devenir aussi une boîte à outils et un laboratoire d’idées. En même temps, EE, par sa composante associative militante, est perçue comme outil de rapprochement du terrain.

Europe-Écologie pourrait-elle être une nouvelle forme de parti, un parti-réseau au-delà des formes classiques de partis ?

Comment aller vers « les autres », et en particulier vers les plus défavorisés

Pour diffuser le projet de l’écologie politique au sein des diverse associations et syndicats où nous sommes présents, on souligne l’importance de la formation des nouveaux arrivants (témoignage d’un militant de l’UNEF qui déplore la manque de formation auparavant pour pouvoir défendre ses idées face aux représentants des autres partis politiques présents à l’UNEF), comme la nécessité d’élaborer un langage compréhensible par tout le monde et de se mettre à la portée des gens qui entreraient dans le mouvement sans avoir d’expérience de militantisme, pour que tout le monde puisse entrer, comprendre, participer.

S’est exprimé également un fort sentiment d’urgence, en particulier dans les quartiers populaires. Devant la dégradation des conditions de vie et le délitement du lien social, il faut montrer, concrètement, ce qu’il est possible de changer. Il faut travailler à recréer ce lien et, pour cela, il faut proposer des formes concrètes de solidarité. Il faut développer l’écologie politique dans les quartiers populaires où l’abstention a dépassé les 75 % : l’écologie politique répond aussi bien à l’urgence politique qu’à l’urgence sociale. Il s’agit de montrer qu’on peut réduire la facture énergétique, manger sainement et à moindre coût. Il s’agit aussi de donner aux jeunes de ces quartiers un accès aux métiers du secteur du développement durable : pour ça, il est nécessaire que les militant-e-s aient une bonne connaissance de ces métiers et des formations qui y mènent.

La défense des intérêts populaires implique aussi d’élaborer un programme sur la santé, l’éducation, le logement etc.

Modes d’engagements au sein du mouvement politique de l’écologie

Au quotidien, chacun peut prendre des initiatives. L’écologie se vit, c’est comme ça qu’on la partage. On peut travailler autour de projets. Une personne donne l’exemple d’un groupe DD dans un établissement de santé. C’est une bonne école pratique de sensibilisation autour d’un projet local pratique. Actions de terrain, votations citoyennes, actions contre les expulsions. La cohérence entre les actes, le mode de vie et le discours est particulièrement requise pour les représentants du mouvements, d’autant plus que le discours écologique demande à chacun d’accepter à renoncer à certaines choses (consommation d’énergie, transports, logements individuels etc.). EE doit permettre à chacun de s’investir différemment. Selon les moments de sa vie, ses centres d’intérêt, on est plus ou moins disponible. C’est une nouvelle génération de parti qui doit permettre des niveaux différents d’implication. Non au militantisme sacrificiel. EE est là pour changer la société « avec » la société et doit susciter des initiatives.

Besoin de rencontres et de lieux d’échange avec les gens pour démarrer des discussions. Certains ont fait beaucoup de tractage mais expriment une frustration par le caractère très ponctuel des choses. Tracts insuffisants voire inutiles s’ils ne conduisent pas à des échanges. Aux classiques réunions publiques, on préfère des réunions dans les cafés, des apéros de quartier, réunions de petits comités chez les particuliers, en pieds d’immeubles. Nécessité d’aller aux conseils de quartiers. Aller vers les gens, y compris en milieu rural en Ile de France. S’agissant des pratiques ou des formes de militantisme à promouvoir, les participants ont insisté sur l’importance de l’écoute : il faut mieux écouter et respecter les gens de terrain, ceux qui mettent en œuvre des projets et veiller à favoriser l’expression de tous.

Par ailleurs, il faut savoir partir des points d’accord (tout en acceptant qu’il y ait des points de désaccord) et partir de ce que chacun veut faire et apporter, apprendre à connaître les autres associations, et reconnaître l’utilité de formes de militantisme sur des objectifs précis.

Il faut veiller au maintien du lien social au sein même d’Europe Ecologie… et veiller aussi à assurer plus de liens avec les élus, faute de quoi le mouvement s’écroulera. Internet est certes un outil, mais qui ne peut suffire à assurer ces liens.

Il faut rompre avec le comportement beaucoup trop clivant des partis traditionnels et ainsi tendre à « civiliser la vie politique et politiser la société ».

Structuration du mouvement politique de l’écologie

Pour certains, EE doit s’organiser autour de plusieurs niveaux d’implication, ponctuelle ou/et sur du long terme. L’engagement doit être lié aux différentes formes d’adhésion (qu’il serait possible de différencier par une gradation des cotisations). Cette structure permettrait de regrouper différents partis reliés dans une plate-forme commune.

Pour d’autres, les plus nombreux, les statuts des adhérents ne doivent rien figer, il faut au contraire éviter les cloisonnements. Pour ne pas se priver de la base militante, il faut permettre à tous de s’exprimer. Chaque adhérent doit avoir un droit égal. Pas de hiérarchie dans les formes d’engagement. Concept de 1 homme = 1 femme = 1 voix à retenir

On souligne une difficulté, celle d’organiser dans Europe-Écologie des individus et non des représentants d’organisations ou d’associations qui travaillent déjà dans des structures.

Des participants proposent de favoriser la mise en place d’un réseau, d’un maillage entre associations, syndicats et partis (de gauche…). Il pourrait même leur être proposé d’avoir un représentant au sein d’Europe Ecologie. Le « fonctionnement multicarte » devrait être accepté. On évoque les premiers statuts de la SFIO qui rendait obligatoire l’appartenance associative en plus de l’appartenance politique, ainsi que l’origine des Verts « confédération écologiste » qui étaient un regroupement d’associatifs qui s’alliaient pour présenter des candidats aux élections.

Outils à mettre en place

Outre la formation des militants, il faut se donner les moyens d’innover, par exemple avec la création de groupes thématiques nationaux ou régionaux sur des thèmes précis, travaillés par les plus compétents ou les plus intéressés (éducation, économie, etc), en collaboration avec des milieux professionnels ou syndicaux (énergie, santé, etc.). On pourrait aussi créer une base de donnée de ressources communes qui pourraient contenir l’ensemble des informations pertinentes pour des actions données (contact AMAPS, contact pour logements sociaux etc..)


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