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de 2002 à 2010

Plénière 2

Projet et organisation, le champ des possibles ?

Convention IDF du 8 mai

dimanche 30 mai 2010

Compte-rendu de la deuxième plénière, animée par André Gatolin, avec Julien Frétel, Stéphane Gatignon, Francine Bavay, Jean-Vincent Placé et Alix Beranger.
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André Gatolin

Rappel des enjeux électoraux.

4 millions de personnes ont voté au moins une fois pour Europe écologie en un an. Soit 15 % du corps électoral. Nous sommes confrontés à des enjeux électoraux et à des enjeux de fond.

Julien Frétel

3 points à développer : 1 – Ce que vous voulez construire et dans quel contexte 2 – Les dilemmes auxquels vous êtes confrontés. 3 – Le fait d’accepter ou pas de s’organiser en parti politique.

1 – Les maux des partis politiques et de l’engagement

La raréfaction des milieux populaires dans les partis politiques. Certaines organisations se sont coupé de leurs réseaux (exemple du PS et des réseaux catholiques ou laïques). On ne voit pas venir les nouveaux réseaux. Il y a une cartellisation des partis politiques. Ils deviennent des agences semi-publiques qui n’ont presque pas besoin de militants, avec des budgets alloués par l’Etat. À cela s’ajoutent le nombre de fonctionnaires territoriaux, les élus, les personnels : c’est un système qui vit en vase clos.

2 – Les questions essentielles : efficacité, démocratie, engagement et pouvoir.

Il semble exister une contradiction entre efficacité et démocratie. Comment durer dans le temps ? Comment assurer la diversification des adhérents ? Il y a une crainte d’être enrégimenté, une certaine méfiance. Quel est le périmètre de l’organisation ? doit-on être organisé ou pas, dans un contexte où on ne veut pas se couper de la société civile. Le système de poly-adhérents est souhaitable. Il permet d’avoir les pieds dans la société. Mais quel équilibre entre étanchéité et porosité ?

Autre question : celle du pouvoir. Celle de la légitimité, de l’ambition. Cette question n’est pas assez posée. C’est un dilemme avec l’ouverture. on manque d’une sorte « cursus honorum » plus ouvert à la diversité des expériences et des parcours

3 – Ambigüité de l’engagement et tentation du virtualisme

Historiquement, le rôle des partis politiques, depuis le 19 ° et le 20 ° siècles, a été majeur dans la socialisation, la formation, le développement de compétences pour les plus faibles. Mais c’est aussi un risque d’aliénation (Bourdieu), et ce quelle que soit la forme : administration, structure, réseau, pérenne ou pas. Les responsables politiques ont déserté les appareils. Mieux contrôler les appareils, c’est la loi d’Airain de l’oligarchie. Éviter d’être pris dans une illusion « virtualiste » (politique sur Internet, sur Facebook). Internet ne résout pas la question de l’adhésion ni de la socialisation.

Stéphane Gatignon

Remettre la politique au cœur du processus.

Aujourd’hui les élus ne font plus de politique. On vit une situation de rupture complète.

Un ancien monde qui s’est écroulé. Avec toutes ses valeurs et ses repères. Une révolution de société. On est dans un tunnel dont on ne voit pas la sortie. Nous sommes au bord de l’explosion. Pour moi, Europe écologie c’est le « dernier coup dans le fusil » pour faire face à un système autoritaire de plus en plus violent.

Nous devons construire autre chose. La victoire ne pourra être que Politique. Quel est le projet ? Quel débat ? Quelle analyse de la société ? C’est à la fois le lieu du Débat et l‘Organisation du débat. (Staline a abandonné la Politique pour l’organisation…)

Un débat des articles, des positions, des visions de la société. C’est avoir une réelle dimension politique et pas seulement organisationnelle. Par exemple, il y a la vision de Dany sur la Grèce, sur la Turquie, nous devons aussi nous exprimer sur les sujets. Il manque des déclarations d’Europe écologie sur les enjeux actuels.

Comment organiser le débat ? Offrir le cadre du débat ? Pour cela, il faut ouvrir les portes et les fenêtres. Si on est capable d’offrir cette perspective au pays, on va gagner. Sinon on va tout droit à l’échec.

Francine Bavay

Deux propositions pour continuer la dynamique.

Une autre idée de l’adhésion
1 – Adhérer pour agir sur des projets concrets de transformation de la société : batailles, création, emploi, coopératives d’utilité sociétale ou environnementale.
2 – Poser la question de la représentation. La capacité de chacun à représenter tous les autres. Avec une modalité originale qui pourrait se traduire par tirage au sort. Mener un débat avec les corps constitués, interpeller les institutions.
3 - Conférence de consensus. État des lieux, réflexion sur les partis politiques. Demander aux citoyens ce qu’ils veulent. Proposer ce débat pour tous ceux qui ont besoin de politique.

Jean Vincent Placé

L’ambiguïté écologiste.

Relations avec le pouvoir. Nous parlons, nous développons, mais pour l’instant, nous ne sommes pas au Pouvoir. C’est une des difficultés de l’exercice. Une de nos contradictions (aux écolos) : nous sommes dirigistes sur les normes (environnement, pollution, économique, social) sur les dispositions législatives. Et nous sommes individualistes, libéraux (au sens historique du terme) sur la société.

Cela fait une contradiction qui compromet la conquête et l’exercice du pouvoir : Manque d’une culture de la responsabilité. On dit « il faudrait » mais quand il faut décider, c’est plus difficile. Exemple : Les ressources pour le futur Pass Navigo en IDF : quelles ressources ? faut-il de nouveaux impôts ? La seule solution est d’augmenter le tarif usager. Cette tension du dirigiste et du libertaire, nous allons la retrouver comme difficulté dans futur parti.

Les points essentiels pour la suite : expertise, ouverture, responsabilités individuelles et respect des principes de fond.

On voudrait nous faire croire qu’il y a un appareil de Verts qui commande et qui résiste au changement mais ce n’est pas ça la réalité. Il faut aller dans et vers l’unité, répondre à l’attente des militants de la société, examiner ce qui a coûté dans le passé.

Nécessité d’une bonne expertise pour définir le projet écologiste et se positionner, par exemples sur les retraites et la fiscalité.

Fonctionnement du parti : important de la responsabilité individuelle et des principes de fond que constitue par exemple le couple régionalisme / fédéralisme, qu’il s’agit de ne pas les abandonner.

Les points essentiels : ouverture, renouvellement, rajeunissement. Avec projet amélioré, plus fort, plus crédible. Parler à l’extérieur. Réfléchir aux modes de désignation.

Sur l’ambition du pouvoir, citation de Jacques Delors, qui définissait avec humour mais réalisme les conditions de l’exercice du pouvoir : 1/ penser qu’on est meilleur que les autres pour s’occuper de leurs affaires 2/ savoir sourire des critiques qui sont adressées 3/ continuer toujours

Alix Béranger

De la nécessité de créer des liens.

Je viens de la société « civile ». j’ai fait de la politique en dehors des partis. Nous sommes des minorités. Souhait de poursuivre l’aventure EE au-delà des deux campagnes. 18 autres régions se réunissent en conventions, d’autres le feront dans es prochains jours. Nous devons créer des liens, notre rôle est la facilitation.

Appel à bénévolat et engagement.

Il n’y a que 2 salariés à Europe écologie, on s’appuie sur les autres forces militantes. Il y a une centaine de comités locaux qui fonctionnent. Plusieurs ont travaillé en amont du 8 mai.
Qu’est ce qu’on en fait ? Quelle valorisation, quelle mise en commun ? Comment être tenus au courant des productions, écrits, vidéos, milieux activistes ? Aujourd’hui après 9 jours : plus de 4000 adhésions. Il faut du monde pour aider l’équipe.



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