Archives des Verts IDF Archives des Verts IDF
Archives des Verts IDF
de 2002 à 2010

Atelier

Emploi, retraites, Grèce : quelles positions pour Europe Ecologie ?

Convention IDF du 8 mai

dimanche 30 mai 2010

Compte-rendu de l’atelier Animé par Pascal Canfin et Pierre Larouturrou.
Envoyer à un ami
Version imprimable de cet article

8 mai – Europe Ecologie – Ile de France

Animation : Pascal CANFIN, Pierre LAROUTURROU

Grèce et dette publique (Pascal CANFIN, député européen)

Questions de la salle :
Où est passé l’argent ? quel est le danger pour l’euro tenant à la situation de la Grèce ? quelles sont les incidences des notations des Etats ? quelles sont les possibilités d’action du Parlement Européen ?

Les spécificités de la Grèce

L’arrivée de la Grèce dans l’Euro a été le fruit d’une décision politique, même s’il y avait des écarts importants entre la Grèce et les aux autres pays de la zone euro à cette époque déjà. La France a notamment soutenu ce choix. Pourtant, a posteriori, la question se pose de savoir si c’était une bonne chose. En effet, lorsqu’il y a des écarts de compétitivité entre des pays, les ajustements se font par les monnaies, mais avec l’euro, ce n’était pas possible. Et aucun autre mécanisme n’est venu remédier aux écarts croissants entre l’Allemagne et la Grèce au fil des ans. Si l’Allemagne faisait de tels excédents commerciaux, c’est bien qu’ailleurs il y avait des déficits. Mais la question de la compétitivité relative n’a jamais été posée au niveau européen du fait de l’absence de gouvernance économique. La récente lettre cosignée par Angela Merkel et Nicolas Sarkozy semble montrer qu’il y a une prise de conscience de l’impossibilité de continuer avec des écarts de compétitivité qui augmentent au sein de la zone euro.

→ Le groupe vert au PE plaide en faveur de la mise en commun de plus d’outils de politique économique.

Les autres pays : Espagne, Portugal : quels risques ?

Le niveau d’endettement et de déficit n’est pas le même et les écarts de compétitivité sont plus faibles. La situation n’est donc pas la même.

Des propositions pour agir :

  • Créer des obligations européennes de la dette (gérées par une Agence Européenne de la dette) et une Agence européenne du Trésor. Aujourd’hui, chaque Etat finance sa dette sur les marchés : l’Europe pourrait s’endetter en tant que telle, ce qui permettrait d’avoir des taux plus bas car la dette serait garantie par tous les Etats.
  • Donner la possibilité aux Etats d’emprunter auprès de la BCE. Ce n’est pas conforme aux traités mais ceci ne constitue pas un obstacle insurmontable car d’autres choses non conformes aux traités sont faites. Mais si la BCE prête, il faudrait que ce soit utile et serve à financer les investissements de demain (éviter de faire la même chose qu’avec les banques l’an dernier, qui ont fait n’importe quoi avec l’argent). Les prêts pourraient passer par la BEI dont c’est le métier. Cependant, il faut avoir conscience que si la BCE prête, elle aura un droit de regard sur les Etats supérieurs…ce qui n’est pas forcément souhaitable à l’heure actuelle…La question n’est donc pas si simple.
  • Réduire le déficit public. Les catégories les plus riches ont été favorisées au cours des 20 dernières années (notamment captation des richesses au profit du secteur financier) : il faut casser la rente financière pour retrouver des marges de manœuvre.

Le PE a un pouvoir de codécision sur les questions liées à la spéculation. C’est la Commission des Affaires Economiques et Monétaires qui s’en occupe (dont fait partie Pascal CANFIN). Afin de peser face aux Etats, le PE a fait le choix d’être le plus uni possible. 4 groupes cherchent des positions de compromis (PPE, libéraux, PSE, Verts). En effet, s’il n’y a pas de position commune PE + Etats, il ne se passera rien. Au cours des 15 derniers jours, la situation économique a fait changer de braquet les discussions : il y a une volonté forte de réguler les fonds spéculatifs.

Questions/interventions de la salle

Joël Chesnais

Empreinte écologique de l’Europe très élevée : Nécessité de recoupler la quantité de monnaie et les bio capacités de la planète. Quelles sont les propositions des écologistes sur le sujet ?

Nécessité de bien distinguer les temps (moyen terme, long terme) Les politiques de rigueur peuvent être profondément inégalitaires : nécessité de vigilance forte.

Réponse et conclusion de Pascal CANFIN

Il est possible de réduire le déficit public en menant des politiques « progressistes » et non « régressives » en matière d’inégalité.

Si la BCE prête de l’argent et si on conditionne les prêts à des investissements écologistes, on peut avoir un double cercle vertueux. Il est nécessaire de mettre en œuvre des mesures politiques pour aller vers la vertu à long terme, mais cela ne peut être que pas à pas.

La question des conditions de la prospérité de demain doit être posée. Natixis elle même dit que le coût du pétrole à 150 ou 200 $ le baril va ponctionner 3% du PIB, ce qui signifie que le PIB va décroître (car une croissance de plus de 3% est difficilement envisageable). Les questions se posant sur les retraites rejoignent aussi ce point de la prospérité de demain.

Passer d’une culture du contre pouvoir à une culture du pouvoir obliger à affronter ces problèmes et à avoir un débat de fond.

Pierre LARROUTURROU – Etats généraux de l’emploi.

En février, lors du colloque avec Stieglitz, tout le monde pensait la crise finie et nous nous disions qu’il fallait être vigilants…En effet…

Le début de la crise remonte à Février 2007, avec les pertes de 10 milliards de la HSBC. A partir du moment où les diagnostics portés sur la crise étaient mauvais, il était difficile de trouver des solutions adaptées.

Les 3 priorités : _1 - dire la vérité _2 - faire le bon diagnostic _3 - agir vite (priorité à l’emploi et à la justice sociale)

+ 980 000 chômeurs en 1 an. Le stock augmente moins car les sorties sont en hausse mais seulement 19% des sorties sont dues à une reprise d’emploi. Il y a un risque global de « collapse ». La France est fatiguée psychiquement (société inflammable).

Rôle fondamental à jouer face à la situation.

Les Etats Unis et la Chine sont des bombes à retardement. La Chine a besoin d’argent et vend ses bons du trésor américains.

Il ne faut pas penser que la sortie de la crise viendra d’une reprise de la croissance. Il faut plutôt se préparer à une reprise à la japonaise (1% de croissance par an – et pourtant le Japon est le pays qui investit le plus dans la recherche).

Les EU se sont endettés à partir de l’arrivée des libéraux en 81 et depuis, de manière constante.

L’argent est allé de plus en plus vers les marchés financiers. Par exemple, le poids des salaires dans la valeur ajoutée est passée de 67% en 1980 à 57% aujourd’hui au niveau de l’OCDE.

La crise n’est pas seulement financière mais elle est aussi écologique et sociale. Stieglitz : la crise est culturelle (Le triomphe de la cupidité). La priorité est de rétablir la justice sociale.

Le sommet de Philadelphie, en 1944, avant les accords de Bretton Woods, portait sur la justice sociale. Avant de parler de questions monétaires, Roosevelt avait compris qu’il fallait parler d’emploi. La liberté des échanges ne peut fonctionner sans justice sociale.

En France, le PS comme l’UMP disent qu’il faut relancer la croissance pour se sortir de la crise. Leur désaccord porte sur le comment. Pourtant, ce n’est pas la solution. Il faut construire un pacte écologique et social. Il doit notamment prévoir la réduction du temps de travail grâce aux gains de productivité (le dogme plus de croissance = plus d’emplois ne marche pas).

Il est nécessaire de desserrer les taux : pourquoi les banques empruntent-elles à 1% et les Etats à 6% ? Les banques font des bénéfices colossaux. Les Etats devraient pouvoir se financer par des circuits courts.

Il faut également stopper l’hémorragie d’emplois. Si l’on compare la France et l’Allemagne, les pertes d’emplois en Allemagne sont plus faibles alors que la récession y est plus forte…c’est dû au Kurzarbeit en Allemagne (réduction du temps de travail) (-5% contre -2,3% en France ; + 220 000 sans emplois en Allemagne, + 800 000 en France sur une même période).

Il est également nécessaire de sécuriser le chômage, comme au Danemark (90% du salaire pendant 4 ans).

Des normes écologiques et sociales doivent être introduites dans le commerce mondial par l’Europe. Ex de la Chine : hausse des salaires jusqu’à son entrée dans l’OMC puis dumping social.

Il y a des potentiels de développement de nouvelles activités : - urgence climatique (mise en œuvre du rapport Stern, 300 000 emplois) - réponse à la crise du logement (investir le fond de réserves des retraites = cagnotte pour 2020 - dans le logement) (200 000 emplois) - accélérer la transformation écologique de l’économie - service public de la petite enfance et du 4ème âge EE est la seule force politique qui parle de réduction du temps de travail. Le chômage ne vient pas de notre compétitivité, la production industrielle a globalement augmenté en France : « la mondialisation n’est pas coupable ». Il faut décider ce qu’on fait des gains de productivité. C’est à EE de jouer : montrer qu’on peut diviser par 2 les gaz à effet de serre et faire baisse le chômage en même temps, les 2 ne s’opposant pas. Les Etats généraux de l’emploi et de l’écologie permettront de mener ces débats.


Cf. le site internet : www.EtatsGenerauxEmploiEcolo...
2 correspondants régionaux vont suivre le travail pendant les 6 mois à venir.
Top
Plan du site | Revue de Web | Site réalisé par Oizoo avec SPIP | SPIP
Les Verts Ile de France - 5 rue d’arcueil - 75014 Paris - Tél. 01 45 65 33 60 - Fax. 01 45 65 41 50