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de 2002 à 2010

Biodiversité

3 questions à Catherine Ribes

vendredi 11 juin 2010

Catherine Ribes est conseillère régionale d’Europe-Écologie en Ile de France. Elle nous explique ce qu’est la « trame verte et bleue ».
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Qu’est ce que la « trame verte et bleue » ?

Les réseaux écologiques nommés « trames vertes » pour les milieux terrestres et « trames bleues » pour les milieux aquatiques permettent des brassages génétiques qui conditionnent à long terme la vie des espèces sauvages.
La biodiversité comprend en plus de la diversité des espèces et des gênes, la diversité des écosystèmes qui constitue un réseau interdépendant. Ce réseau est important car il permet le maintien et le développement de la vie et a un rôle important sur la régulation du climat

En quoi est-ce important pour les écologistes ?

C’est important pour l’ensemble des organismes vivants sur terre dont l’homme et pas seulement pour les écologistes…
mais ce sont les écologistes qui ont alerté les pouvoirs publics sur la nécessité de protéger la biodiversité, même en ville…. et qui ont démontré que si les services rendus à l’homme sont immenses, les ressources elles sont limitées.

Quand une espèce disparaît c’est pour toujours…

Il est important de rappeler que la trame verte et bleue est liée aux écosystèmes ; c’est l’ensemble des liaisons nécessaires au déplacement des espèces entre les différents espaces protégés (espaces de biodiversité remarquable).

La trame verte est constituée de zones arborées et herbacées, la trame bleue de zones humides, des fleuves et des rivières.
L’ensemble constitue un réseau à différentes échelles qui permet aux espèces de se déplacer pour se nourrir, pour se reproduire.

Par exemple le cerf a besoin d’environ 2000 ha pour sa survie, le crapaud d’un ensemble de points d’eau, l’abeille peut parcourir 3 kms pour trouver du pollen… certaines espèces peuvent s’adapter à des milieux très urbains et y trouver refuge.

C’est pour cette raison que la biodiversité plus ordinaire que l’on trouve en ville est complémentaire de la biodiversité plus extraordinaire que l’on trouve dans les réserves naturelles, dans les parcs nationaux. Et c’est pour cette raison qu’elle doit être protégée.

L’homme a un rôle important à jouer car il peut recréer plus de biodiversité, par exemple en créant des mares dans les espaces verts comme à Paris, en appliquant une gestion écologique (0 pesticide, une à deux tontes par an des espaces en herbe et en dehors de la période de reproduction, ce qui permet aux espèces de se reproduire.

La trame verte et bleue va constituer le maillage nécessaire à la vie de toutes les espèces vivant sur notre territoire « faune et flore ». On peut rappeler que la perte de la biodiversité est due principalement à la fragmentation des espaces surtout dans les régions urbaines, d’où l’urgente nécessité de créer la TVB.

Es tu satisfaite des travaux du Grenelle 2 sur ces questions ?

Pas complètement :

  • L’Etat a donné aux régions les compétences pour élaborer les schémas régionaux de cohérence écologique, mais c’est une demi-compétence puisque l’Etat et la région élaborent conjointement… il faut également rappeler que le SDRIF approuvé par la Région en 2008 va seulement être soumis au Conseil d’Etat en 2010, alors que le SDRIF contient un schéma régional des continuités écologiques qui aurait pu être appliqué localement, ce qui retarde d’autant plus la mise en place de la TVB prévu par l’Etat en 2012.
  • Les documents d’urbanisme locaux (SCOT et PLU) devront « prendre en compte » ces schémas dans l’élaboration de leur documents. Que veut dire « prise en compte » quelle sanction si ces schémas ne sont pas respectés, il faut attendre la jurisprudence pour juger. Encore un rôle régalien que l’Etat n’a pas assumé.
  • En revanche, un bon point pour la protection de la biodiversité lors de la création de routes nationales ou autoroutes dont les tracés devront être « compatibles » avec les schémas régionaux de cohérence écologique. Plus de routes sans étude ou diagnostic écologique en amont, c’est donc moins de rupture dans les écosystèmes, si bien entendu la loi est appliquée….

Nous pourront juger sur les projets « type Arc Express » du Grand Paris dans quelques temps…….

Comment cela se traduit-il concrètement en IDF, peux tu nous donner 1 ou 2 exemples de réalisations prometteuses dans ce domaine ?

Nous avons un exemple concret en Ile-de-France que j’aime bien, la municipalité au départ n’était pas du tout prête à mettre en place un réseau écologique sur sa commune.

La commune de Maurecourt dans les Yvelines 4100 Habitants est située entre l’Oise (trame bleue) et un grand massif forestier (trame verte). La commune a été signataire de la charte de la biodiversité proposée par la Région IDF. Suite à cette signature elle a engagé, sur les conseils du service patrimoine et ressources naturels de la région un diagnostic écologique de son territoire.
Suite à ce diagnostic, Maurecourt s’est lancée dans l’aventure des « corridors écologiques » et a essayé de répondre avec ses moyens et ceux mis en œuvre par les collectivités territoriales de niveau supérieur au grand défi qu’est la préservation de la biodiversité.

La stratégie pour répondre à ce défi s’est structurée à partir de deux évènements : la révision du PLU et le projet d’aménagement des berges de l’Oise.
La suite s’est organisée suivant un parcours progressif à la fois formel et rythmé de découvertes à travers une gestion foncière prudente et économe de l’espace (révision du Plan local d’urbanisme), l’aménagement des berges de l’Oise et le lancement d’un diagnostic écologique pour identifier le potentiel des zones naturelles, les connexions à mettre en œuvre, les orientations agricoles sur les secteurs sensibles, une analyse du paysage et de son histoire, la mise en cohérence du projet de ville avec les attendus listés dans le diagnostic précité, le lancement d’une politique d’acquisition foncière sur les secteurs stratégiques, et enfin la recherche de partenaires financiers (entreprises et partenaires institutionnels).

Pour exemple la révision du PLU a permis de retirer des zones à construire : les zones inondables, les zones de carrières et les zones en proximité de grandes voies potentielles, et de revenir à des coûts de foncier en cohérence avec des objectifs de reconquête du foncier destiné aux espaces naturels.

La commune de Maurecourt a un site où vous pouvez retrouver l’ensemble de la démarche. Le maire adjoint qui est plutôt un financier a su convaincre l’ensemble de son conseil municipal. Des actions de communication ont été mises en place par la municipalité à destination des habitants (revue municipale, expo, conférences etc….).


Pour plus d’information sur la TVB vous pouvez aller sur le site de Natureparif, l’agence régionale pour la biodiversité qui a organisé un colloque sur ce thème en 2009, le site du Ministère de l’Ecologie, celui de la Fédération Nationale des Parcs Naturels Régionaux et celui de France Nature Environnement (FNE).
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