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de 2002 à 2010

La fin du pétrole bon marché.

vendredi 15 juillet 2005

« Pendant le premier siècle et demi de l’ère du pétrole - de 1859 à 2004 -, la demande mondiale a toujours été satisfaite par l’offre. Vous vouliez plus de pétrole ? Nous avions des marges de manoeuvre. Nous ouvrions plus les robinets. Il en coulait plus. Nous en vendions plus. »

Yves Cochet, député Vert de Paris et ancien ministre de l’aménagement du territoire et de l’environnement.

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...Trois facteurs décisifs poussent durablement les cours du brut à la hausse : la raréfaction géologique du pétrole conventionnel (peu cher à extraire), l’entrée dans un monde de terrorisme et de guerres permanentes pour le contrôle du pétrole, la forte augmentation de la demande due à la croissance asiatique et au maintien de la consommation occidentale. C’est l’anticipation de ce dernier facteur par les négociants qui fait aujourd’hui flamber les cours.

Les chocs pétroliers de jadis étaient politiques, non économiques. Aujourd’hui, alors que la demande mondiale moyenne en 2005 avoisinera les 84 millions de barils par jour (Mb/j), les marges de manoeuvre de l’offre sont quasi inexistantes.

Tous les robinets débitent à leur capacité maximale, à la limite de la demande, et au risque qu’un événement (grève, sabotage, conflit local...) baisse les approvisionnements. Il s’ensuit une situation de pénurie relative, poussant les prix vers le haut.

Tant que l’offre ne parviendra pas à satisfaire la demande, le prix du pétrole augmentera jusqu’à ce qu’un nombre suffisant de consommateurs - ils sont des milliards ! - ajustent leur consommation aux possibilités de leur budget. Si l’offre mondiale plafonne à 84 millions de barils par jour (Mb/j), les prix se caleront à la hauteur nécessaire pour que la consommation ne dépasse pas ces 84 Mb/j. Et lorsque la déplétion (diminution) géologique s’accentuera, le déclin absolu de l’offre mondiale prendra place à un taux d’au moins 2 % par an. Les prix auront alors tendance à augmenter encore pour exclure plus de consommateurs et réduire la consommation. ....

La longue dépendance au pétrole de nombreux pays m’incite à penser que la demande restera forte pour des raisons vitales. La recherche de la croissance et l’augmentation de la population mondiale continueront à alimenter une progression de la demande de l’ordre de 1,5 % par an. En effet, les chiffres montrent que la demande de pétrole est relativement inélastique par rapport aux prix (contrairement à la demande de fraises). Autrement dit, ce n’est pas parce que les prix vont monter que la demande diminuera

Si les cours continuent à monter tendanciellement vite, à partir de 70 ou 80 dollars par baril, il est vraisemblable que les conséquences inflationnistes de la hausse des cours du pétrole soient suffisamment marquées pour que les gouverneurs des banques centrales des pays riches et pétrovoraces - l’Amérique du Nord, le Japon, l’Union européenne - relèvent les taux d’intérêt pour tenter de contenir l’inflation.

Ce remède accroîtra la douleur, réactivant celle que nous avons déjà éprouvée lors du deuxième choc pétrolier des années 1979-1983, sous l’impulsion ultralibérale de Margaret Thatcher et de Ronald Reagan. En effet, lorsque le coût de l’argent augmente, les marchés financiers se contractent et les entreprises rencontrent plus de difficultés à se financer par la Bourse ou par l’emprunt, ce qui ralentit l’activité économique. Si l’argent est plus cher, tout devient plus cher, l’inflation s’accroît.

Pour tenter, par un second moyen, de la juguler, les banques impriment plus d’argent, ce qui provoque le résultat inverse : la poursuite de l’inflation. Ainsi, la méthode de la hausse des taux, censée lutter contre l’inflation, entraîne au contraire la contraction des marchés financiers et l’inflation de l’argent, puis des prix, la destruction des emplois et les difficultés des entreprises. ....

Ce dont je parle ici n’est pas « la fin du pétrole », mais « la fin du pétrole bon marché ». Cela sera hélas suffisant pour provoquer d’énormes instabilités économiques et sociales, pour disloquer les pouvoirs politiques et provoquer des guerres. Le malheur est que, malgré les avertissements hurlés par quelques-uns, les responsables économiques et politiques n’ont pas du tout anticipé la situation qui s’annonce, comme le montre l’indigent projet de loi d’orientation énergétique adopté par l’Assemblée nationale mercredi 23 juin. Le choc est donc inévitable. Il n’y a pas de plan B. Il n’y a qu’une demi-solution, la sobriété immédiate, pour réduire un peu les effets dévastateurs du choc en repoussant un peu son arrivée inéluctable.

Extraits d’un Article L’ère du pétrole cher, par Yves Cochet

LE MONDE du 12 juillet 2005

Le livre de Yves Cochet vient de paraître chez Fayard

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Pétrole Apocalypse

Communiqué de presse des Verts du 16 août 2005

TIPP : Le statu quo n’est pas responsable

L’augmentation vertigineuse du prix du baril de pétrole brut, avec des conséquences financières importantes pour les consommateurs, avait suscité en France une interrogation sur le rétablissement d’une TIPP flottante et une demande formelle du parti socialiste en ce sens. Les Verts sont fermement opposés à ce type de mesures qui consiste à abaisser artificiellement le coût du pétrole, et à retarder chaque jour d’avantage la mise en place nécessaire de véritables politiques d’économies d’énergie et de développement des énergies renouvelables.

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en savoir plus : lire la note sur les biocarburants rédigée par Jean Desessard, sénateur de Paris
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