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de 2002 à 2010

compte rendus commission culture des 23 mai et 30 juin 2005

jeudi 6 octobre 2005

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La formation artistique en Région

La Formation professionnelle artistique passe en 2005 dans le champ obligatoire des compétences régionales. Ces réunions avaient pour but de faire un tour d’horizon concernant la Formation professionnelle initiale et continue dans les domaines suivants : musique, chanson, cinéma, audiovisuel, écriture, en prenant en compte la formation des personnes handicapées.

A savoir : en 2005, la Région financera 725 places, dans le cadre des actions sectorielles de son programme qualifiant, pour les personnes demandeurs d’emploi et sur le seul domaine « Arts et Culture ». Un appel d’offre a été lancé (clos en février dernier) en direction des organismes de Formation.

Ces appels d’offres ; ils sont souvent inadaptés aux réalités des secteurs et des organismes. Des avancées toutefois : le stage en entreprise n’est plus obligatoire. Reste que le chéquier qualifiant n’est pas pris en charge par la Région IdF.
Les élus présents déplorent le manque de compétence de la Région pour l’élaboration de ces appels d’offres et le manque de suivi et d’évaluation des formations et des organismes par des Comités d’experts.
proposition de « Commission paritaire » ou d’ « Observatoire » représentatifs des professions, des Caisses (AFDAS...) et de la Région.

Certains domaines sont plus organisés que d’autres en matière de cursus et de validation des acquis. C’est le cas des Musiques savantes au sein des Conservatoires Nationaux Régionaux : les CNR (6 établissements en IdF). Ces établissements s’ouvrent depuis peu aux Musiques Actuelles.

La demande musicale reste forte - 300 à 400 000 élèves dans les établissements - alors que l’on évalue à 80%, les personnes formées au sein des harmonies ; on observe donc une distorsion dans la répartition des aides publiques, sans parler du vide de ces aides en direction des Musiques actuelles amplifiées qui génèrent des demandes en équipement.

La Formation continue toujours pratiquée à travers des stages financés par l’AFDAS (1) s’est aussi déplacée vers les Conservatoires sous la forme de cours. En moyenne, 14 années s’écoulent entre le début de la formation d’un musicien et son 1er contrat professionnel (via une formation au sein d’un CNR).

Depuis les années 80/90, les CNR créés par Landowski, ont un franc succès auprès de la population ; ils sont financés par les Communes qui portent de trop lourdes responsabilités et très peu par les Régions : une moyenne de 3% sur un budget global de fonctionnement.

Aucun cadre régional ne définit leur mission ; ils sont rattachés au Ministère de la Culture en matière de pédagogie : diplôme d’état exigé pour le formateur qui est un employé territorial. Depuis quelques temps, on observe au sein de ces structures une volonté affichée de rivaliser avec les Conservatoires Supérieurs Nationaux (CNSM), par le biais des « Classes de perfectionnement », dont le niveau se situe au dessus du Diplôme d’Etudes Musicales (DEM) mais qui ne sont pas officialisées par le Ministère de la Culture ! Pour exemple : le CNR de Paris possède déjà une « Classe supérieure » et d’autres souhaitent créer des « Mastères ».
Le danger qui guette ces établissements est de privilégier l’excellence de la Formation professionnelle au détriment de l’enseignement en direction des amateurs. Ils deviennent aussi parfois des enjeux politiques alimentés par des guerres territoriales.

L’engouement pour les pratiques musicales et le manque de place en CNR a vu naître d’autres lieux para-publics tels que : les Ecoles Nationales de Musique, les Ecoles Municipales Agréées, les Ecoles Municipales de Musique et les associations. C’est le très large cas de la Chanson et des Musiques actuelles.

En janvier 2007, l’Etat transfèrera les crédits des DEM vers les CNR en Région. Ce tout nouveau diplôme sera européen : le DEPI. Une fois de plus, le Ministère de la Culture n’a pas souhaité associer les Régions sur le contenu de son projet !

La Région doit rapidement définir une politique cohérente et cadrer les missions et les aides attribuées aux établissements qui diffusent la Formation musicale sur son territoire ; les professionnels et les élus ne sont pas assez entendus et associés.

Le CRY qui fédère 7 départements en IdF insiste sur l’existence très récente des Musiques Actuelles qu’il préfère qualifier de « musiques amplifiées » ou « musiques debout » par opposition aux « musiques assises » dites Musiques Savantes... Ces nouvelles pratiques musicales apparues au 20ème siècle sont aussi nées d’un nouveau rapport à la musique : la création spontanée et elles exigent un tout nouveau rapport à la Formation, tant sur le plan musical, technique que sur le plan de l’encadrement administratif et juridique des projets artistiques.

La demande de Formation est forte. Elle touche souvent un public jeune qui ne peut par essence entrer dans le système de la Formation continue dont il a grand besoin. Elle ne pourra se faire qu’en phase avec les lieux qui diffusent et qui fédèrent les équipes constituées (groupes, personnels techniques, administratifs...). Ces lieux sont répertoriés : 80 hors Paris pour 1000 groupes constitués ; il s’agit aujourd’hui de travailler avant tout sur la qualité et non sur la quantité, voire sur un ciblage au cas par cas. C’est pourquoi les dispositifs de financement de la Région sont inadaptés à la demande très diverse mais justifiée : nombre d’intervenants se sont formés ou se forment « sur le tas ».

L’autoformation ne se suffit plus. Tout en préservant les savoirs-faire particuliers du secteur, il faut que la Région accepte de partir de la demande du terrain pour adapter son système d’offre dans ce secteur. CEMAFORRE constate que nous sommes dans un état de non-droit et souhaite nous interpeller sur le fait que trop souvent les textes de loi sont là mais ne sont pas appliqués. Il faut d’ailleurs noter que le mot « culture » n’y figure plus depuis quelques temps. Pour exemple : qui respecte en HP (2) le droit à la pratique et à l’accompagnement des malades à des activités culturelles extérieures à l’établissement hospitalier ?

Le Sport est plus en avance que la Culture, sur la volonté de s’ouvrir au public handicapé. Pour exemple : aucun accès « handicapé » n’existe au CNR de Paris. L’offre est réduite, l’accès impossible et le personnel formé inexistant, alors que la demande existe et qu’il est aussi possible d’adapter un outil de travail au handicap.

Autant dire que les Formations sont loin d’être adaptées. Pour exemple : pour se former, il faut s’informer. Or, l’ANPE Spectacle à Paris n’est pas accessible. Autre effet pervers du système : la perte de l’Allocation « Handicapé » est vécue comme un grand danger car souvent les ressources par le travail ou par la Formation font chuter le revenu de ces personnes déjà en grande précarité.

En IdF, des tentatives ont lieu dans le domaine de la Musique et de la Danse mais rien en Arts plastiques ; d’autres Régions ont innové : comme l’Oiseau Mouche / CAT (3) en Région Nord Pas de Calais, qui forme aux métiers du Spectacle.

On peut se féliciter de la nomination de référents sur le handicap en DRAC (4) IdF et au sein de la Direction des Affaires Culturelles de Paris ainsi que de la création de VIVRE FM, toute nouvelle radio associative, animée par des personnes handicapées pour des personnes han dicapées et soutenue par le Conseil Régional d’Idf.

Mais la prochaine étape doit être : que les réseaux s’ouvrent et cessent de fonctionner en circuits fermés. Autrement dit, que les réseaux de Formation dans le domaine des arts et de la culture rencontrent ceux du Handicap.

CIFAP constate qu’il est dur de faire entendre aujourd’hui le Droit Individuel à la Formation (DIF) à tout âge de la vie, droit pour lequel il existe aussi un texte de loi ! C’est à cette problématique de mise en œuvre que se heurte l’ensemble de la Formation dans le domaine du Cinéma et de l’Audiovisuel, car de nouvelles technologies apparaissent et la formation continue est primordiale dans ces branches professionnelles.

Aujourd’hui, nous savons aussi que l’Emploi tend à être discontinu au cours de nos vies. C’est notamment - mais pas exclusivement - dans ces interstices que la Formation doit pouvoir être mise en œuvre.

Par ailleurs, les financements et les cadres administratifs issus de la nouvelle loi ne sont guère en faveur des salariés de ces professions : en ce qui concerne les formations en alternance et le DIF, du fait de la difficulté d’interprétation et d’adaptation des nouveaux textes liées à la spécificité de ces catégories de salariés . Mais de nouvelles négociations en cours pourraient quand même leur permettre d’ici quelques temps l’accès au DIF et au « contrat de professionnalisation » (en vigueur depuis le 15 novembre 2004) alors que l’ancien « contrat de qualification » ne leur était absolument pas accessible. Pour ce qui est du Congé Individuel de Formation (CIF) il faut savoir que les 2/3 des demandes de Formation dans le secteur sont refusées en première instance (avec une possibilité de re-déposer une demande auprès de l’AFDAS). Ces demandes doivent être très bien argumentées et très pointues.

L’AFDAS est le principal financeur des actions de Formation dans ce champ, ainsi que dans le Spectacle vivant. Mais ses moyens ne suffisent plus car la demande est de plus en plus forte. Ce trait pourrait s’accentuer, après une période de stagnation - du fait du choc psychologique reçu - depuis les nouvelles dispositions Assedic qui concerne le régime Intermittent.

Aujourd’hui, la demande « longue durée » tourne notamment autour de spécialisations « post BTS ». Un problème surgit alors : la démultiplication des établissements privés qui entendent y répondre ; ce qui pose le problème de la pertinence des enseignements dispensés et celui de l’évaluation finale, en vue de l’obtention de la certification. Les financeurs doivent être plus vigilants sur ces points, avant de prendre en charge les actions.

Yves FREMION, auteur d’un rapport sur le Livre et la Lecture pour le Conseil Régional, part du constat que l’immense majorité des écrivains, éditeurs, librairies et lieux de lecture publique se trouvent en IdF, avec des disparités criantes en fonction des territoires et des couches sociales en ce qui concerne l’offre et l’accès des publics. Dans son ensemble, ce domaine est très porteur.

Mais il est urgent de relancer et de compléter la Formation : « à l’ensemble des métiers de l’édition, de la librairie, de l’imprimerie, de l’animation, de l’écriture, de la traduction, du dessin et de la bande dessinée. Ces formations doivent être tournées vers l’intégralité de chaque métier : les aspects techniques, juridiques, statutaires, internationaux, sociaux et éthiques des professions en font partie. L’initiation aux nouvelles technologies et aux outils nouveaux contribue à la professionnalisation. Et s’il est difficile de former un écrivain à écrire, il peut envisager de se former aux écritures (scenario de film, de B.D, écriture dramatique, lyrique, chanson, adaptation, traduction, ...). On déduira aisément l’importance de la Formation, tant initiale que continue. »

Extrait de : « Le livre au cœur d’un développement culturel et durable »

(1) Fonds d’Assurance Formation des Secteurs de la Culture, de la Communication et des Loisirs
(2) Hôpital psychiatrique
(3) Centre d’Aide par le Travail
(4) Direction Régionale des Affaires Culturelles

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