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de 2002 à 2010

Compte rendu de la commission culture médias du 6/12/05

mercredi 1er février 2006

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Cette soirée était dédiée aux éluEs VertEs en charge de Culture/Médias sur le territoire parisien. Nous les avons invités pour faire le point en cours de mandature.

Nous avons donc accueilli Frédéric DE BEAUVOIR, Conseiller délégué à l’Action culturelle pour la Jeunesse Paris 12ème et Danielle FOURNIER, Maire adjointe à la Culture Paris 18ème.
Nous les avons félicités pour le livret Culture-s auquel ils ont largement contribué (en libre circulation au local national des Verts),

remarques : certains chapitres sont parfois trop « techniques ». Note est prise pour la prochaine édition.
Aucun parti n’ayant produit de réflexion écrite sur ce thème ces derniers temps, cette brochure est un état des lieux des avancées et des manques en la matière, les Verts sont très présents sur ce terrain

Afin de ne pas se sentir trop isolés dans leurs arrondissements, ils ont pris l’habitude de se voir pour échanger et se soutenir.

Les relations avec l’Hôtel de ville :

Dès le début de la mandature, les élus d’arrondissements, comme les représentants de la Commission nationale Culture se sont inquiètés de la direction prise par la politique culturelle de la Ville qui ne correspond pas à l’idée qu’ils s’étaient faits d’une politique culturelle Verte. Les élus d’arrondissements ont fait parvenir un courrier à Christophe GIRARD qu’ils ont co-signé.

Le principal grief retenu vis à vis de la politique menée par la Ville est la priorité donnée à l’évènementiel au détriment de la politique locale et des publics défavorisés de la capitale (seulement 177 000 euros en Politique de la ville pour le volet Culture). Cette situation n’était pas simple à gérer : politiquement il était important d’être en phase avec l’élu de l’Hôtel de Ville. C’est pourquoi la démission de C. GIRARD à l’automne dernier leur permet de se sentir aujourd’hui plus aptes et plus libres à défendre une Culture Verte dans Paris.

Frédéric DE BEAUVOIR, fait remarquer que le travail avec C. GIRARD a toujours été loyal sur les dossiers concernant la politique des élus Verts d’arrondissements. Il a personnellement toujours été soutenu sur tous les dossiers importants de son arrondissement.

La vie Culture dans les arrondissements :

Frédéric DE BEAUVOIR insiste sur le fait qu’il n’est que « Délégué à l’action culturelle » derrière la Maire adjointe à la Culture PS du 12ème. Cette position est peu stratégique et c’est sur ses forces de militant qu’il a choisi de se positionner dans l’arrondissement, peuplé de 130 000 habitants et doté d’un peu plus de 130 000 euros de crédits déconcentrés (suivant la règle des 1,07 euro par habitant), pour y développer une politique culturelle dont il n’est pas le principal acteur. Par ailleurs, cette enveloppe très convoitée doit être fermement défendue par les élus à la Culture si l’on veut éviter qu’elle ne soit consommée par d’autres postes : le sport, le journal d’arrondissement ...car son attribution reste large et floue (Fonctionnement).

Danielle FOURNIER remarque que toutes les Délégations ne sont pas identiques d’un arrondissement à l’autre. Les arrondissements ne sont pas en plein pouvoir d’exercice (Loi Paris Lyon Marseille) (3) : les compétences attribuées aux Mairies d’arrondissement restent réduites. Ce qui impose d’entretenir de bonnes relations avec les élus de la Mairie centrale. Reste la compétence des arrondissements en matière d’entretien des équipements culturels municipaux de proximité (les conservatoires et les bibliothèques). Les arrondissements sont aussi loin d’être identiques d’un point de vue d’équipements culturels. Pour 200 000 habitants, le 18ème est riche en lieux alors que le 12ème en est pauvre. Dans le 18ème, DF a mis en place un système particulier à la dotation budgétaire de l’enveloppe Culture afin d’éviter tout clientélisme. Il s’agit d’une Commission qui se réunit 3 fois par an et qui étudie les projets Culture de l’arrondissement (dossier simplifié pour un accès au plus grand nombre). Cette Commission est constituée d’élus, de représentants de Conseils de quartier, d’enseignants... Elle invoque aussi la transparence du budget et des délibérations qui sont rendues publiques.

Frédéric DE BEAUVOIR revient sur le fait que pour beaucoup, le champ d’application d’un élu dépend de la volonté du Maire d’arrondissement. Le système des 1,07 euro, qui est une véritable avancée, doit permettre de démarrer ou de faire émerger des projets localement. Concernant les champs d’actions où il s’est investi, il a privilégié quelques dossiers émergeant du tissus culturel local qui lui semblaient devoir être défendus : _ réflexion sur la problématique des squats d’artistes qui a abouti sur le 100 rue de Charenton (1 500 m2 à venir dédiés aux Arts plastiques et aux Arts vivants, professionnels et amateurs)
rapprochement et co-élaborations avec des structures culturelles de proximité pour aboutir à une offre importante et cohérente en direction du Jeune public comme au théâtre de l’Opprimé
soutien à la création par la Commune Libre d’Aligre
installation de la Maison d’Europe et d’Orient (Centre culturel pour les cultures minoritaires Caucase Balkans).

Danielle FOURNIER insiste sur le fait que Paris est sur-équipé en gros équipements mais que les structures intermédiaires font cruellement défaut. Le 18ème est l’arrondissement de DELANOE, le Maire est PS et il est question dans l’arrondissement de projets énormes et très coûteux d’ici la fin de la mandature (ex : réhabilitation du cinéma Le Louxor). Ces projets mettent toujours un temps fou à se réaliser, ont un coût d’entretien qui est croissant au fil des années et ne règlent pas les problèmes de manque de locaux. En ce qui la concerne, elle s’est investie sur un équipement peu coûteux et mobile : Le Parquet de bal (46 000 euros sans compter l’équipement de la structure). Là, elle est en phase avec les besoins exprimés par la population dans un environnement (Quartier de la Chapelle) très peuplé et qui manquait cruellement d’un lieu Culture comme celui-ci (ouverture en mars 2005). Il est géré par un programmateur et des associations locales comme les Restaus du cœur. Ce lieu est très original dans son rapport au public.

Frédéric DE BEAUVOIR avance que du point de vue financier, les arrondissements parisiens, à peuplement égal, ont un budget Culture infiniment moins important qu’une ville de province. Le point de la délégation des pouvoirs aux arrondissements et aux acteurs culturels des arrondissements (démocratie locale participative), la relation avec le Parti Socialiste est difficile (utilisation de la Culture à des fins de Communication municipale). Le pouvoir des élus d’arrondissements est très faible. Toute décision, in fine, reste suspendue aux délibérations de l’Hôtel de Ville qui fonctionne comme l’Etat, c’est à dire de manière centralisée et sans transversalité. Pourtant, de nombreux services ont été décentralisés de l’Hôtel de Ville aux arrondissements, avec référents et personnels, mais pas la Culture ! Paris est étouffé par sa gestion centralisée !

Danielle FOURNIER reprend les chiffres. DELANOE a annoncé un doublement du budget Culture, soit 4% du budget global de la Ville, dont 30 à 40% sont dédiés au patrimoine et aux grosses opérations parisiennes. A noter que l’opération Nuit blanche est soutenue par de nombreux partenaires privés. Mais des choix n’ont pas été faits, comme l’Association des Théâtres privés qui touche une grosse subvention de la Ville et comme l’ADAC (4) qui avait vu le jour sous les précédentes mandatures ; elle a été auditée et révisée sur son fonctionnement mais elle est toujours là. Or, il faut s’ouvrir sur de nouveaux projets. Dans le 18ème, entre 1/3 et _ du budget Culture va à l’apprentissage des arts et c’est un choix

NS (5) fait remarquer que la Ville de Paris finance directement l’éducation artistique dans les établissements scolaires du premier cycle à travers les postes d’enseignants en arts plastiques et en musique, ce qui est unique en France !

Frédéric DE BEAUVOIR nous fait part du désintérêt de l’Hôtel de Ville pour les télévisions associatives ou de proximité et pour les débats nationaux actuels, suite à la TNT (6).
A Paris, la Culture souffre pleinement d’être identifiée à de la Communication, ce qui nuit à la continuité des projets et des actions. Ce qui fait le plus défaut, c’est la mise en place de procédures démocratiques participatives et délibératives. Il est crucial de créer du besoin en la matière pour que sa démarche perdure au-delà de son mandat et c’est à cela qu’elle s’obstine.

Frédéric DE BEAUVOIR a finalement la sensation que ce qu’il a pu faire évoluer reste à la marge. La DAC (7) est une forteresse éloignée des élus d’arrondissements et les relations sont parfois plus dures et plus opaques qu’avec le Ministère de la Culture ! Une 2ème mandature lui permettrait d’asseoir la confiance réciproque qui se noue entre lui et les acteurs culturels du 12ème, donc d’aller plus loin en matière de délibération des politiques culturelles. Il a aussi la sensation d’avoir beaucoup appris et d’avoir fait en sorte que les structures de l’arrondissement apprennent à travailler ensemble.

A noter : en Août 2005, Christophe GIRARD a fait circuler Le Billet vert, compte-rendu de sa politique culturelle parisienne, résumé :
1 - la réforme des Conservatoires
2 - la réforme de l’ADAC
3 - Le Grand Parquet (300 000 E)
4 - la politique en faveur du cirque et des arts de la rue De rue et de cirque (410 000 E)
5 - la politique en faveur des ateliers d’artistes collectifs : Chez Robert - Electron Libre Paris 1er - Paris Centre Art 1er - La Générale Paris 19ème - Le 100 rue de Charenton Paris 12ème (300 000 E)
6 - la lecture publique dans les arrondissements Paris 19ème
7 - Nuit blanche : après la 3ème édition placée sous le signe du handicap (Pénélope KOMITES), la 4ème édition se fera en lien avec Khédidja BOURCART (Intégration aux étrangers non communautaires). _8 - Réaménagement des jardins Paris 4ème.

Compte-rendu rédigé par Marie Isabelle HECK


(3) la Loi PLM est instaurée suite à la Commune de 1870. Elle centralise les pleins pouvoirs à l’Hôtel de ville.
(4) ADAC : association de développement culturel. Cette association propose des activités artistiques et manuelles
(5) Noëlle Spieth
(6) TNT : télévision numérique terrestre
(7) DAC : direction des affaires culturelle de Paris. Cet organe est sensé être la face technique des services Culture

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