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2 juin 2006 - Le PLU de Paris et l’aménagement de l’Ile de France

vendredi 2 juin 2006

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Le PLU de Paris contient plusieurs dispositions qui vont avoir pour effet d’accroître la part des bureaux à Paris, au détriment des logements, notamment des logements sociaux, en laissant à la loi du marché le soin de décider de l’avenir de nombreux quartiers de la capitale :

  • · alignement du coefficient d’occupation des sols des bureaux sur ceux des logements dans toute la partie Est de Paris : il n’est pas difficile de deviner qui gagnera, des bureaux ou des logements, lorsque l’on sait que la rentabilité des bureaux est 30% supérieure à celle des logements
  • dans les 22 secteurs d’aménagement dérogatoire, la programmation prévoit 50% de bureaux, et seulement 25% de logements, dont une faible partie de logements sociaux

Or, aujourd’hui, la capitale compte 1,5 emplois pour une personne active, et pourtant, le chômage atteint 12%, soit 2 points de plus que la moyenne nationale. Pourquoi ? parce que les emplois parisiens correspondent de moins en moins au profil des actifs qui y habitent. Et ces écarts se creusent. Entre 1990 et 1999, plus de 200.000 emplois ont disparu, en presque totalité des emplois d’ouvriers et d’employés, ce qui se traduit par un chômage plus élevé encore pour ces catégories. Construire davantage de bureaux apportera de nouvelles recettes fiscales à la ville grâce à la taxe professionnelle, au détriment des communes voisines, mais elle ne résoudra sûrement pas les problèmes d’emploi à Paris.

Au contraire, la hausse des prix fonciers qui en résultera rendra plus chers encore les loyers et plus coûteuse la construction sociale pour les finances publiques, aggravant la crise du logement et entraînant l’exode des populations défavorisées et même des couches moyennes, qui déjà s’en vont. C’est ainsi que, peu à peu, Paris deviendra une ville réservée aux riches. Ce n’est pas nouveau. Déjà, les rénovations Tibéri dans le Vème et le XIIIème arrondissement dans les années 60-70, avaient profondément transformé la composition sociale de ces quartiers. L’exemple du quartier de la Bastille est caricatural, où la proportion d’ouvriers est passée en quelques décennies de presque 50% à un peu plus de 10%, 3 fois moins que les cadres supérieurs. Maintenant, c’est au tour des arrondissements du Nord et de l’Est... Le processus de « gentrification » passe souvent par une phase de « mixité sociale », qui n’est que le stade intermédiaire d’une dynamique de recomposition sociale. Ne restent plus que les plus riches et les plus pauvres, dans le parc social ou le secteur privé insalubre ; c’est ce qui explique les inégalités extrêmes que l’on rencontre à Paris, beaucoup plus marquées que dans le reste de l’Ile de France.

La région IDF connaît en effet une ségrégation sociale exacerbée, des inégalités territoriales de plus en plus insoutenables, avec la concentration des emplois dits « supérieurs » à Paris et à l’ouest de la capitale, à La Défense (où l’on projette de construire 850.000 m² supplémentaires), Neuilly, Boulogne, etc, tandis que la population pauvre est renvoyée en périphérie, en banlieue éloignée, voire dans les franges rurales de l’agglomération, là où les terrains sont moins chers . Mais elles le payent au prix fort, par les temps de déplacements très élevés, et par des dépenses transport souvent aussi importantes, voire plus, que ce qu’elles consacrent pour se loger (et elles se déplacent souvent en voiture, faute de transports en commun suffisants - 20% seulement des trajets domicile-travail se font en transport en commun ; ce sont elles qui prennent de plein fouet la hausse des prix du carburant). Nous assistons ainsi à un « exode urbain » de grande ampleur.

Dans ses projections pour 2030, l’INSEE a calculé que si les tendances actuelles se poursuivent, toute la croissance de la population de l’Ile-de-France se fera dans les départements de la grande couronne, et pour plus de 60% dans la seule Seine-et-Marne, signe de l’ampleur du mouvement ... et au volontarisme qu’il faudra pour mettre en œuvre la « densification ».

Le PLU de Paris, par ses options majeures rappelées au début de ce texte, participe de ce mouvement général et est en opposition avec ce qui se dessine aujourd’hui des orientations du SDRIF. Il s’inscrit bien aussi dans la ligne du discours « autocritique », que l’on entend avec de moins en moins de retenue, contre le SDRIF de 1994, jugé malthusien : il est désormais de bon ton de dire que si l’on renforce encore les territoires les plus riches, les pauvres en profiteront aussi grâce aux bienfaits de la redistribution ! Ce discours est, tout simplement, le discours de la mondialisation.

Anti-social, le PLU de Paris est aussi anti-écologique, car la multiplication des bureaux dans le cœur de l’agglomération signifie plus de déplacements et davantage de pollution.

Pour toutes ces raisons, Les Verts Ile-de-France considérent, avec les Verts Paris, que ce PLU est inacceptable.

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