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de 2002 à 2010

les motions régionales - préparation de l’AG 2006

Vers l’Écologie Populaire ! Île-de-France

Motion n°1

jeudi 12 octobre 2006

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Île-de-France : région insoutenable

La région Ile-de-France est « riche ». C’est aussi un territoire soumis à des déséquilibres sociaux et territoriaux insoutenables, une pression sur les ressources et les milieux naturels énorme, au détriment de la qualité de vie d’une majorité de ses habitantEs. A bien des égards, notre région est un mastodonte qui participe à toutes les dérives de la mondialisation que nous dénonçons, en jouant les forts contre les faibles. « L’éco-région », ce n’est pas encore pour tout de suite.

La concentration de l’activité économique sur la zone dense et l’exode urbain vers les périphéries structurent notre réalité francilienne. L’empreinte écologique de l’Île-de-France va au-delà des limites régionales, avec notamment une forte « contribution » aux émissions de gaz à effet de serre, source du réchauffement planétaire. Les disparités sociales et les ségrégations territoriales accentuent la dépendance au pétrole et la vulnérabilité à son prix, plaçant les transports au cœur des problèmes des FrancilienNEs. La part de déplacements en voiture est de 20% à Paris, 40% en Petite couronne, 60% en Grande couronne. La distance domicile-travail a augmenté de plus de 50% depuis 1976 : pour les familles modestes, le budget transports a explosé.

Les fractures sociales ne cessent d’y grandir, avec une concentration de richesses et des inégalités exacerbées en zone centrale, le développement de poches de pauvreté dans certaines zones de la grande banlieue. La révolte des banlieues de 2005, partie de notre région, a mis en lumière le décrochage des périphéries, les discriminations insupportables dans l’accès à l’emploi, au logement, à la citoyenneté, des jeunes des quartiers. À cette révolte hautement politique, la seule réponse étatique fut policière. La matraque est bien souvent la seule véritable présence de l’Etat dans ces zones non seulement délaissées, mais aussi stigmatisées. Au même moment, certains maires refusaient les constructions de logements sociaux pourtant inscrites dans la loi SRU.

L’Ecologie populaire veut changer avec volontarisme cette réalité qui mêle injustices sociales et environnementales, déséquilibres entre les grands pôles du sud-ouest et le nord-est, entre la petite et la grande couronne, entre la localisation des emplois et celle de l’habitat, entre la nature des emplois et les qualifications de la population, et discriminations d’une part croissante de la population des quartiers périphériques. Cette réalité, c’est aussi la mise en danger des terres agricoles, en particulier de l’agriculture périurbaine et la question de la gestion des ressources en eau.

Un parti de militantEs, de propositions et d’actions

Nous avons gagné en poids institutionnel, dans les villes et à la Région. Nous avons désormais des leviers pour changer la donne. Mais ils ne sont pas suffisants. Notre présence institutionnelle est disproportionnée par rapport à notre nombre d’adhérentEs. Les avancées institutionnelles ne peuvent être relayées ni approfondies sans militantEs et sans un rapport de forces politique favorable dans la population. Pendant que nous bataillons pour « écologiser » la région à travers le schéma directeur (Sdrif), d’ici moins de 20 ans, des projets structurants, soutenus par la droite et une partie de la gauche (l’agrandissement de la Défense ou l’OIN du Plateau de Saclay par exemple) risquent d’aggraver les distorsions sociales et environnementales !

Nous restons une organisation faiblement implantée dans la société, surtout dans les secteurs populaires et auprès de la jeunesse. Le poids des éluEs est devenu prépondérant. La pratique militante reste peu lisible. Et la diversité de la société peine encore à s’y retrouver. Notre structure régionale, administrative pour l’essentiel et peu adaptée à l’action, doit être renforcée dans sa volonté d’animation politique.

Écologie populaire ! L’écologie populaire, c’est la volonté de politiser notre action, d’ouvrir notre parti sur la société mobilisée et les secteurs les plus populaires, de ne pas rester enfermés dans notre « réalité électorale » et notre sociologie qui illustrent l’étroitesse de notre assise sociale. On ne s’attaque pas aux discriminations sans ceux qui en sont victimes, on ne combat pas la pauvreté sans ceux qui sont les plus touchés, on ne lutte pas contre les injustices environnementales sans ceux qui se mobilisent contre le saturnisme ou contre les démolitions de leurs quartiers au nom du « renouvellement urbain » et de la « mixité sociale » (ANRU).

Un outil régional, avec un projet politique et des priorités d’action Notre instance régionale doit renforcer les commissions régionales, poursuivre les conventions thématiques, en interpellant l’ensemble des acteurs associatifs et politiques. Pour préparer les élections municipales, nous proposons l’organisation d’une convention régionale spéciale, pour construire l’autonomie dans le plus grand nombre de communes, et élaborer une plate-forme avec des priorités régionales pouvant être déclinées localement. Il s’agit d’avoir une apparition médiatique régionale forte, avec des actions coordonnées. Notre instance régionale ne peut être qu’un simple relais de nos éluEs de la Région. Elle doit notamment se soucier de la coordination des groupes locaux, en aidant les plus faibles numériquement. Les moyens de notre parti en Ile-de-France permettent que l’instance régionale se tourne vers le débat politique et vers l’action et fasse de Vert-contact IDF un instrument de dialogue entre le parti et la société, ouvert sur l’extérieur. Nous pouvons lancer un vrai journal électronique, sur le modèle de Vert-électro.

Ouvrir : rajeunir, féminiser, métisser, changer les Verts Ouvrir notre parti est un impératif. Le nombre d’adhérentEs en région stagne dans le meilleur des cas. Les « bobos » ne peuvent pas être l’horizon indépassable de notre mouvement. Il nous faut intégrer la diversité de la population de la région en notre sein, rajeunir et féminiser. Nous ne devons plus hésiter à pratiquer la discrimination positive dans le choix de nos instances et dans celui de nos représentantEs, notamment au moment des élections. Pour cela, il faut accompagner la campagne nationale d’adhésion de campagnes régionales ciblées vers les quartiers et les couches populaires, pour élargir la base sociale de notre parti. Une politique d’accueil et d’ouverture doit être mise en place. Notre CAR doit porter une proposition au niveau national de simplification des modes d’adhésion et de réexamen des tarifs.

Les priorités de l’Ecologie populaire

Deux ans est le temps du mandat donné par l’assemblée générale régionale. C’est un temps court. Il faut donc afficher ses priorités politiques, supports d’actions concertées entre groupes locaux à l’échelle régionale.

S’attaquer à la fracture territoriale et diminuer l’empreinte écologique La région est la bonne échelle pour mener une campagne sur les transports en commun. En Ile-de-France, les inégalités sociales se doublent bien souvent d’une discrimination territoriale : les plus pauvres sont contraints à l’exil en lointaine banlieue, payant un prix insupportable pour les transports collectifs lorsqu’ils existent. Nous devons nous attaquer de front à la tarification injuste de la Carte orange. Plus on l’utilise, plus on paye. Parce que cette tarification inégalitaire est une incitation à la voiture, nous devrons au-delà de l’acquis des tarifs réduits pour les plus modestes. Lutter contre l’empreinte écologique régionale, c’est aussi continuer à refuser les projets de 3ème aéroport, de CDG-Express et de rocades autoroutières à n’en plus finir (comme la 4ème rocade des Yvelines).

Inverser la tendance face au capitalisme N’hésitons pas à nous opposer à la vision régionale du PS, très proche de celle de la droite, dans sa promotion de l’IDF comme « pôle de croissance » et de « compétitivité » (contre le reste du monde !). A la place, à nous de transformer l’IDF en région expérimentale de la sécurisation des parcours professionnels, à travers la mise en place d’un Fonds régional assurant aux personnes de la région en recherche d’emploi une continuité des droits sociaux et un revenu individuel décent. A nous de nous battre contre le SEDIF et les multinationales pour un service public de l’eau. A nous de promouvoir une économie relocalisée à travers l’économie solidaire et les énergies renouvelables.

Pour « l’action affirmative » Nous devons sortir des demi-mesures. Les territoires délaissés et les populations discriminées doivent faire l’objet de traitements préférentiels, avec des dépenses publiques régionales bien lisibles. Nous devons appuyer le développement de lycées pilotes, à taille humaine, capables d’expérimenter des pédagogies innovantes, la mise en place de filières d’accès aux grandes écoles pour les élèves des quartiers.

Les Municipales : rendez-vous pour l’implantation de l’Ecologie populaire Les prochaines élections municipales sont le rendez-vous prioritaire pour les Verts. Il s’agit non seulement de mener des listes autonomes dans le plus grand nombre de communes, mais de conjuguer l’autonomie avec l’ouverture. Sans oblitérer aucune de nos positions, nous devons dès maintenant nous tourner vers la société en vue de la co-élaboration d’une plate-forme politique pour ces échéances. Suite au débat manqué des dernières municipales avec les listes citoyennes, nous devons préparer une ouverture de nos listes, et chercher des partenaires dans les forums sociaux locaux, le secteur associatif.

La transformation sociale a lieu autant sur le terrain que dans les institutions. Les Verts marchent aujourd’hui sur un seul pied. Nous voulons un parti de lutte et de transformation écologique et sociale, pour les nouvelles générations militantes altermondialistes et les classes populaires, un parti-mouvement au cœur de la gauche, ouvert, responsable et propositionnel, actif dans la réalité et ancré dans la société mobilisée.

Motion portée par Jérôme JURJEVIC

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