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Consommation d’eau en Ile-de-France ou payer plus cher en consommant moins - octobre 2006

mercredi 18 octobre 2006

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L’eau semble s’évaporer au fil des années et des conférences consacrées à ce sujet.. En région parisienne, selon le ministère de l’Écologie et du Développement durable, deux départements sont classés en « situation préoccupante », quatre en « situation délicate » et un en « situation de vigilance ».

Mais que faire ? Les appels à la responsabilité des citoyens se multiplient. Et les recommandations pleuvent : une petite douche plutôt qu’un grand bain... Tous les gestes écocitoyens sont bienvenus mais il faut maintenant que chacun assume ses responsabilités : on ne peut demander aux usagers domestiques de faire tous les efforts. Ce n’est pas seulement une question d’équité et de morale, c’est aussi une question d’efficacité : les usagers domestiques n’utilisent, au maximum, que 25 % de l’eau consommée dans notre pays. Il y a bien sûr un gros problème avec l’agriculture, qui commence à être reconnu.

Mais sait-on que les plus gros consommateurs d’eau bénéficient de ristournes énormes ?
C’est le cas par exemple avec le SEDIF (Syndicat des eaux d’Île-de-France qui regroupe 144 communes hors Paris) qui consent une réduction d’autant plus forte que le volume consommé est important.
Cela va de 5 % de réduction pour un volume de 7 300 m3/an à 61 % pour un volume de 1 825 000 m3/an. À titre de comparaison, la consommation annuelle d’un couple avec deux enfants est estimée à 120 m3...

Ces ristournes bénéficient aux entreprises mais aussi aux communes (équipements municipaux, voirie...), la réduction étant « limitée » dans ce cas à 42 % pour un volume de 730 000 m3/an. Le taux de réduction appliqué par le SEDIF aux communes permet de repérer les plus grosses consommatrices d’eau. Neuilly-sur-Seine arrive en tête, en obtenant une réduction de 36 %. Issy-les-Moulineaux, dont le maire, André Santini, est président du SEDIF, obtient une réduction de 27 % ! Ces deux villes ne sont pourtant pas parmi les plus peuplées...

  • Le système n’est pas viable d’un point de vue écologique car il constitue une puissante incitation au gaspillage de l’eau : si c’est pour payer plus cher en consommant moins, pourquoi se fatiguer à économiser l’eau ou à récolter l’eau de pluie comme cela se fait à grande échelle en Allemagne ?
  • Il n’est pas viable non plus d’un point de vue social. Cela revient à faire passer une part supplémentaire du financement de l’eau du budget communal (qui provient notamment de l’impôt dont sont exonérés les plus bas revenus) au budget des ménages (par la facture d’eau payée par tous). Il y a là une forme de gratuité à l’envers qui est insupportable : une gratuité pour les plus riches !

L’ACME (Association pour le contrat mondial de l’eau) propose au contraire une tarification progressive : gratuité ou très bas tarif pour le minimum vital, tarif permettant d’amortir les coûts de production de l’eau pour un usage raisonnable, tarif dissuasif pour un usage insoutenable.

Maintenant que nous, les citoyens, commençons à être sérieusement responsabilisés sur la nécessité de préserver l’eau, il est grand temps de responsabiliser les responsables, politiques et économiques, de la gestion de l’eau.

Jean-Claude Oliva, Président de l’Association pour le Contrat Mondial de l’Eau, comité de Seine-Saint-Denis et secrétaire de l’Acme France

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