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de 2002 à 2010

Table ronde au Forum de l’agriculture - 30/09/06

Circuits courts producteurs/consommateurs : les AMAP

l’expérience du panier vanvéen

jeudi 2 novembre 2006

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La crise énergétique est un des défis les plus importants que nous allons devoir affronter. Le recours très majoritaire aux énergies fossiles épuise les réserves et perturbe le climat de façon préoccupante. Nous sommes tous concernés, ensemble et individuellement. Nos modes de vie sont à reconsidérer, notamment nos modes d’alimentation. Il faut entendre par là l’ensemble de la chaîne qui va de la production agricole, à la transformation des produits, au transport et au régime alimentaire lui-même.

En effet, les modes de production agricoles les plus courants (même s’ils ont fait l’objet de progrès ces dernières années), parce qu’ils visent des rendements à l’ha élevés, sont consommateurs d’énergie fossile (engrais, azotés surtout, motorisation, pesticides). De plus ils sont souvent polluants. L’agriculture biologique économise de l’ordre de 30 % par rapport à une agriculture conventionnelle (ordre de grandeur, mais ça peut être très variable).
Les distances de transports sont souvent très élevées. Enfin, nos régimes alimentaires sont très carnés ce qui n’économise pas l’énergie, puisqu’il faut de 5 à 10 calories végétales pour faire une calorie animale.

Des systèmes alimentaires, fondés sur une production agricole économe en énergie, la moins polluante possible, proche des lieux de consommation, des régimes alimentaires moins carnés, constituent une réponse à ce défi, en même temps qu’une amélioration qualitative de l’alimentation.

Les premières expériences menées dans ce sens de la part de consommateurs, ont eu lieu dans les années 70 au Japon sous le nom de Teikei (= relation directe)et simultanément en Allemagne et en Suisse. Le principe passe de Suisse aux USA puis des USA en Angleterre et puis en France sous le nom d’Amap (Association de soutien à l’agriculture paysanne). La première Amap a été crée en 2004 à Aubagne. Le nombre d’Amap ne cesse d’augmenter depuis. Il y en a actuelle ment 41 en fonctionnement en Ile de France et 14 en préparation. Ces Amap sont essentiellement tournées vers le maraîchage.

Agriculture paysanne, c’est le terme qu’utilise la confédération paysanne pour qualifier le mode d’agriculture qu’elle préconise. C’est également ce que visent les Amap : une agriculture qui valorise les ressources abondantes et économise les ressources rares, notamment énergétique, qui diversifie les productions, ne vise pas les rendements les plus élevés, réduit le plus possible les risques de pollution, cherche à se rapprocher des consommateurs et à maintenir un nombre important d’agriculteurs à la terre.

Claire Martin Gousset va vous dire comment nous avons constitué « le panier vanvéen ». Mais avant de lui passer la parole, je voudrais insister sur une question qui me semble essentielle pour l’avenir de l’agriculture en Ile de France, dans la perspective d’une crise énergétique qui s’annonce et nécessite de réduire les transports. Bien sûr, il est primordial de préserver des surfaces agricoles de bonne qualité face à la nécessité d’augmenter aussi le nombre de logements. Des compromis sont à trouver et seront débattus. Mais je crains que soit laissée de côté une question pourtant aussi urgente : la reconversion de l’agriculture francilienne vers une agriculture beaucoup plus diversifiée que l’actuelle, essentiellement vouée à de la grande culture. Le maraîchage, l’arboriculture fruitière et l’élevage, jadis fortement présents, ont disparu. Or dans une perspective d’économie d’énergie, les légumes et les fruits, produits pondéreux, doivent être cultivés au plus près du consommateur. Ce sont d’ailleurs ces produits qui sont les plus demandés par les « amapiens ». Pour les produire par les procédés biologiques qui sont demandés et économes en énergie fossile, il faut associer au maraîchage et à l’arboriculture des systèmes produisant de la matière organique, à base de prairie et d’élevage. Le témoignage d’Emmanuel Vandame montre combien cette reconversion est longue et délicate et combien peu de céréaliers s’y préparent. C’est pourquoi il est urgent d’en faire une question prioritaire pour les élus, en charge de l’aménagement du territoire francilien.

François Papy

INRA-SAD Île-de-France


le panier vanvéen

Il a fallu commencer par nous renseigner sur ce que c’est une Amap.
C’est pourquoi nous avons contacté le mouvement des Amap d’Ile de France - Consom’Acteurs

Une Amap c’est une association de consommateurs qui s’entendent avec un paysan (dans notre cas, un maraîcher) et discute collectivement avec lui d’un contrat type de livraison de produits à un rythme régulier, sur une durée déterminée (3 mois, 6mois, un an) pour un montant fixé et versé à l’avance. Sur cette base, les contrats sont signés individuellement. Les consommateurs se déclarent solidaires de l’agriculteur en cas d’aléa climatique.

Le panier vanvéen s’est constitué à la suite d’un forum social ; 3 réunions publiques ont été nécessaires pour arriver à mobiliser suffisamment de monde. Pour l’animation de ces réunions nous avons mobilisé l’Alliance, ainsi qu’à deux reprises, une adhérente d’une Amap voisine, déjà constituée dans le XIV arrondissement. Ces appuis ont été précieux de même que des visites faites à d’autres Amap au cours des distributions de panier.

Le principal problème a été de trouver un agriculteur. Ayant vu sur le site d’Alliance que nous cherchions un maraîcher, nous avons été contacté par l’un d’entre eux, tandis que le nom d’un autre nous a été fourni par l’Alliance. Après les avoir visités, nous avons collectivement fait un choix, fondé sur la proximité et le besoin de soutien : nous avons retenu le plus jeune des deux qui avait besoin de notre appui pour démarrer.

L’Amap comprend 80 adhérents. Le maraîcher choisi distribue 50 paniers de légumes hebdomadairement. Le premier contrat a été établi pour 6 mois. Nous en sommes au 5ième mois. Nous pouvons faire le bilan suivant :

  • beaucoup de convivialité
  • nombreuses discussions avec le maraîcher, d’où il résulte une reconnaissance de son travail, des discussions sur les techniques de production d’agriculture biologique.
  • un grand succès : 60 autres nous ont contactés pour faire partie d’une amap

Les amapiens se trouvent ainsi formés aux questions environnementales et aux questions de qualité des produits de façon très concrète. La création de notre Amap a révélé de la part des amapiens des intentions militantes qu’ils n’explicitent pas dans des partis syndicats. Mais sur ce cas concret ils manifestent très nettement des comportements citoyens. Ceci s’est particulièrement vu lors du choix de l’agriculteur. De plus il y a dans notre association une grande diversité d’âge et de statut social.

Claire Martin-Gousset

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