Archives des Verts IDF Archives des Verts IDF
Archives des Verts IDF
de 2002 à 2010

Etat des lieux de l’agriculture d’Ile-de-France

mardi 5 décembre 2006

Intervention de Joseph Racapé (Mouvement Agricole et Rural Solidaire) au Forum agriculture (30 septembre 2006)

Envoyer à un ami
Version imprimable de cet article

L’état des lieux que je tenterai de faire ne sera pas simplement statique et formel. Il s’inscrira dans une problématique prospective, culturelle, éducative, futuriste et génératrice d’emplois valorisants pour ceux qui s’y adonnent et qui en sont les acteurs. Il sera en conséquence nécessairement fléché et sélectif. Cela correspond d’ailleurs à la demande qui m’a été formulée par les organisateurs de ce colloque, qui traite du choix de l’agriculture de l’Ile de France de demain.

Enumérons maintenant dans une première étape quelques grands traits identitaires « socio- économiques, culturels, et écolos » de cette agriculture.

L’essentiel de l’espace agricole est occupé par de « grandes cultures » conduites de manière intensive avec recours aux technologies les plus modernes (semences, engrais phytosanitaires, moyens mécaniques importants), agressives pour les ressources naturelles, les paysages, et la biodiversité et dont la valeur ajoutée à l’hectare est faible ;

L’élevage a été chassé de ce paysage agricole depuis une trentaine d’années sous l’effet concomitant, de la mise en œuvre de la PAC de l’Europe avec ses prix garantis pour les grandes cultures, et du recours par l’ensemble des agriculteurs, à cette même période, aux techniques « modernes » de production ;

L’emploi agricole s’est effondré (5000 exploitations avec 2100 salariés subsistent à ce jour) ;

Le mouvement de réduction du nombre d’exploitations continue :150 à 180 d’entre elles disparaissent chaque année ;

La population « rurale » a doublé depuis 40 ans ;

Des industries agroalimentaires autrefois très développées ont néanmoins subsisté ;

L’extension de l’agglomération Parisienne se fait de façon continue et presque linéaire par cercles concentriques autour de l’agglomération sans que cela ne provoque de révoltes des paysans expropriés. En France 60 000 Ha de terres agricoles sont artificialisés chaque année ;

L’agriculture de la région a perdu le « monopole nourricier » à destination de l’agglomération proche dont elle disposait autrefois pour certains produits (Lait et dérivés et produits de maraîchage ) .

Dressons maintenant à partir de cette esquisse d’état des lieux quelques perspectives possibles d’adaptation de l’agriculture à la demande sociale et culturelle de l’époque et mettons en relief quelques outils adéquats susceptibles d’efficacité et s’appuyant sur l’intelligence des citoyens et le volontarisme politique des partis progressistes soucieux d’un aménagement harmonieux et écologique de la région :

  • Tisser des liens sociaux, culturels, éducatifs sur les questions d’agriculture et d’alimentation entre agriculteurs et urbains.

Pour ce faire nous disposons d’embryons de réalisations facilités par la proximité entre la ville et la campagne qu’il convient de développer. Citons notamment les programmes scolaires avec la formation concrète au questions de faune, de flore, de biodiversité, de « qualité » des aliments ; le développement des Associations pour le Maintien de l’Agriculture Paysanne (AMAP) qui nouent des relations contractuelles « non marchandes » au sens classique, innovantes et porteuses de multiples synergies entre producteurs et consommateurs ; la relance des jardins ouvriers ; les ventes à la ferme par cueillette directe au champ des produits par les consommateurs eux mêmes ;

Promouvoir l’emploi sous toutes ses formes.

Les formes d’agriculture évoquées ci-dessus génèrent toutes un nombre d’emplois beaucoup plus importants que ceux de l’agriculture conventionnelle majoritaire dans la région. On peut y ajouter d’ailleurs l’agriculture biologique performante aussi dans ce domaine. L’emploi au sein de l’agriculture doit également être visé, surtout quand on constate qu’exploitation moyenne et petite riment souvent avec agriculture de qualité moins agressive pour l’environnement et moins exigeante en coût d’installation ( Une ferme de 100 Ha à 5 000 € l’Ha de terre agricole nécessite 500 000€ d’immobilisation de capital pour la seule terre. Il faut ensuite y ajouter le matériel agricole et diverses immobilisations ). Enfin il convient de ne pas négliger l’emploi dans l’agro-alimentaire qui demeure quantitativement important mais qui est très fragile, car peu connecté de façon solide à des productions de proximité, donc facilement délocalisable ;

Réconcilier agriculture et environnement.

Les motifs de réconciliation entre l’agriculture périurbaine et l’environnement sont encore plus nombreux et prégnants que dans les zones éloignées des villes. En effet la dégradation des ressources naturelles, de la biodiversité et de la qualité de l’air sont souvent patentes et plus visibles car plus proches et plus palpables par les citoyens d’une certaine manière. Cette proximité et mixité sociale devraient pourtant constituer une matrice propice à de multiples échanges, expérimentations et encouragements économiques divers en provenance des associations diverses et collectivités locales et à destination des acteurs paysans.

Pourtant peu de chosent changent ou seulement à doses homéopathiques. C’est que sur ce plan nous butons sur les inerties de la politique agricole centralisée qui focalise ses soutiens sur les grandes cultures. De ce fait, cela configure en quelque sorte, l’occupation sans partage de l’espace par ces grandes cultures subventionnées par les aides à l’Ha dont les prix des produits et l’écoulement sont garantis, et les pratiques agricoles « productivistes » inamicales pour l’environnement.
Une illustration des forces motrices agissantes qui contribuent à ce facteur d’inertie et de « conservatisme »de la politique agricole nous est fournie par l’observation du simple poids relatif des aides octroyées : les aides agri-environnementales, dont celles qui vont à l’agriculture biologique, toutes confondues ne représentant pas 5% du total des aides octroyées à l’agriculture dans la plupart des régions Françaises et l’Ile de France ne fait pas exception à cette règle. Il convient donc si l’on veut qu’à terme l’agriculture respecte mieux l’environnement que la distribution de l’ensemble des aides soit revue au profit des aides agri-environnementales.

diaporama Power point en téléchargement

PowerPoint - 52.5 ko
Etat des lieux de l’agriculture en IDF
Mot-clé :
Top
Plan du site | Revue de Web | Site réalisé par Oizoo avec SPIP | SPIP
Les Verts Ile de France - 5 rue d’arcueil - 75014 Paris - Tél. 01 45 65 33 60 - Fax. 01 45 65 41 50