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de 2002 à 2010

La part du colibri

un livre de Pierre Rhabi.

mardi 2 janvier 2007

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J’ai découvert, à quelques heures de la Saint Sylvestre, à la librairie d’Art de Vivre ; (comme j’aimerais que ce soit un symbole !), un grand-petit livre :

La part du colibri.(1)

C’est un bref, simple, dense, clair, récent (octobre 2006) et urgent message écologiste qu’envoie Pierre Rhabi en direction de l’opinion tout entière. Et, de plus, pas cher (4,90€) !

Rien à y apprendre si ce n’est ceci : on peut en moins de 50 pages, bien dire, avec poésie, pourquoi « la crise de la société planétaire » peut soit nous engloutir soit être surmontée.

Pierre Rhabi déborde, sans la nier, l’urgence politique immédiate : il y a mieux à faire que de changer de personnel ; il faut aussi changer de mode de vivre pour... survivre. « Changer pour ne pas disparaitre »... dit-il, (p.22).

Au moment d’entrer dans une année difficile, où deux conceptions du monde vont s’affronter durement, non pas uniquement le Capital contre le Travail, mais les forces de la domination et de la production mondialisée contre les forces diversifiées du partage et de la sobriété, Pierre Rhabi explique, avec sa philosophie à lui, pourquoi, au-delà de tout optimisme ou pessimisme, se joue -et nous pouvons donc agir !- « la finitude de notre espèce » (p.45).

La gauche, la droite, les partis, la culture, le progrès, la croissance, la démocratie, tous ces repères sont bousculés ! Non pas supprimés, déplacés. La révolution écologique laisse loin derrière elle, mais en l’incluant, la révolution prolétarienne. Il y va de notre vie et de notre mort historiques.

Au moment où les Enfants de Don Quichotte redonnent du sens à l’utopie, écoutons Pierre Rhabi se demander et demander à tous, avec bon sens et exigence : « Comment se fait-il que l’humanité en dépit de ressources planétaires suffisantes et de ses prouesses technologiques sans précédent, ne parvienne pas à faire en sorte que chaque être humain puisse se nourrir, se vêtir, s’abriter, se soigner et développer les potentialités nécessaires à son accomplissement ? » Il n’est aucune question politique plus importante. Y répondre passe par « une autre vision de la vie » (p.25).

Pierre Rhabi est de ceux qui invitent à considérer comme absolument prioritaire de prendre, comme le minuscule colibri, « sa part » dans un monde en feu. Daniel Mermet, dans l’édito (2) de Là-bas si j’y suis, semble lui répondre et nous met en garde : il ne faudrait pas « que le colibri s’agite et s’épuise et démontre son impuissance, notre impuissance »..., car tout ce qu’on lui demande c’est « qu’il ne touche pas à l’ordre inéluctable. Que tout change pour que rien ne change »... Tout ce qu’on veut c’est « que le colibri ne demande pas pourquoi la forêt est en feu ». Rhabi répondrait sans doute à Mermet qu’il dépend de nous que les innombrables colibris ne sont pas des agités inconscients et soient capables d’arrêter les politiques pyromanes. Écologie et capitalisme sont incompatibles démontre Serge Latouche (3).

Je ne vous dis pas « bonne année » : le bonheur a cessé de tomber du ciel. À nous de faire que l’année soit bonne ! C’est moins facile, mais c’est plus exaltant. Nous ne sortirons pas identiques du temps qui vient. Les écologistes en devraient être les premiers conscients, les premiers à en faire une chance.

Bien à vous.

Jean-Pierre Dacheux

  • (1) Pierre Rhabi, La part du colibri, éditions de l’Aube, 84240 La Tour d’Aigues, diffusion le Seuil.
  • (2) Là-bas si j’y suis - du 25 au 29 décembre 2006, Là-bas hebdo No 15.
  • (3) Serge Latouche, Écofascisme ou écodémocratie, Le Monde diplomatique, novembre 2005 - Pages 1, 26 et 27 « Un capitalisme écocompatible est concevable théoriquement, mais irréaliste en pratique. Il impliquerait, en effet, une forte régulation, ne serait-ce que pour imposer la réduction de l’empreinte écologique. Dominé par des firmes transnationales géantes, le système d’économie de marché généralisée ne s’orientera pas spontanément dans la voie « vertueuse » de l’écocapitalisme ».
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