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Comprendre l’actualité

La notion de bourde ne servirait qu’à désigner les réflexions qu’on n’aime pas

mardi 27 février 2007

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Retour sur le fameux « Non, l’Erika n’est pas la catastrophe écologique du siècle » de Dominique Voynet

C’était fin 1999. Le siècle eut encore pourtant le temps de connaître deux formidables tempêtes détruisant un tiers des pylônes électriques français, arrachant un nombre incalculable de toits, tuant des dizaines de personnes. _ Trois ans plus tard, une canicule tuait 15 000 personnes en trois jours.
Quand, aujourd’hui, on demande quelles furent les catastrophe écologiques du XX ème siècle, tous répondent « Tchernobyl et l’assèchement de la mer d’Aral ».

Ce que voulait dire D. Voynet s’est révélé fort juste : _ avec les marées noires, on n’avait encore rien vu de ce que notre imprévoyance, notre gloutonnerie, la course au profit des grandes multinationales et grandes technostructures, prêtes à rogner sur toute précaution, avaient déjà à leur actif et nous promettaient pour la suite.
Parler de « bourde », c’était refuser de discuter de l’effet de serre, de l’effroyable montée des cancers avec la dispersion de produits chimiques dans l’atmosphère et l’alimentation, des risques énormes de krach alimentaire provoqué par la substitution à la biodiversité de cultures standardisées et génétiquement modifiées.

Lorsque le gentil Nicolas Hulot est venu expliquer, images filmées de son hélicoptère ou de son 4x4 à l’appui, tout ce que Dominique Voynet, avec tout le mouvement écologiste, s’acharne à expliquer et à combattre depuis 20 ans, il a fait un tabac.

Dominique Voynet, elle, est sur le champ politique. Seule candidate de la gauche de gouvernement (c’est-à-dire celles et ceux qui risquent d’être en position de mener des politiques publiques dans quelques mois) à connaître sur le bout des doigts et les risques écologiques, et les moyens d’y parer, elle devrait logiquement recueillir tout l’héritage de la popularité d’Hulot et Gore.

Nous sommes dans un drôle de pays : on veut bien entendre le message, mais quand le messager formule les propositions qu’il serait en mesure d’appliquer, on se déchaîne à disséquer ses « bourdes » au lieu de disséquer le message.

Nous vivons dès lors en direct la chronique d’une catastrophe annoncée. Alors que, pour la plupart des Français, « la » question est la question écologique (dont l’exclusion sociale !), les réticences des maires à accorder leurs signatures à Dominique Voynet, le désintérêt des journalistes qui ne lui trouvent pas assez de bourdes à commenter, risquent de conduire purement et simplement à l’éviction du champ politique de la seule candidate porteuse d’un plan rigoureux, humain, sécurisant et même parfois amusant de lutte contre les périls qui nous menacent.

Oui, la maison brûle et l’on regarde ailleurs. Ou plus exactement, ceux qui arrivent avec les seaux, on ironise sur la façon dont ils portent les seaux ! Eh bien ça suffit. Prenons tous nos seaux en main et plaçons enfin au plus haut poste de responsabilité celle qui est devenue la plus experte en extinction et prévention des incendies.

21 février 07 Alain LIPIETZ

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