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de 2002 à 2010

agriculture intensive, défis posés par les OGM, épuisement des ressources en eau

les défis qui se posent à une région traditionnellement agricole et forestière : l’Ile de France

mardi 19 octobre 2004

De nombreux débats portent sur la transformation du climat, donc de notre environnement, et des conditions écologiques qui permettront à telle ou telle culture de continuer à survivre dans telle ou telle région.

Quels seront les impacts de l’évolution du climat sur notre environnement immédiat ?

Est-ce que certaines cultures vont péricliter et d’autres se développer ?

Nous devrons faire face dans les cinquante ans à venir à d’immenses incertitudes.

Devant celles-ci, il paraît plus raisonnable de maintenir une certaine diversité, plutôt que d’avoir des régions qui se spécialisent de plus en plus.

Michel VAMPOUILLE - Vice Président du Conseil Régional d’Ile de France

Extraits des auditions du 14 juin 2004 au Conseil Régional d’Ile de France « OGM, LA REGION SE MOBILISE »

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L’Île-de-France est une région agricole et forestière, puisque 55 % de notre territoire est un territoire agricole. Comment faire en sorte que ces 55 % de territoire agricole le restent ?

Comment faire pour que l’activité agricole, en dehors du fait de pouvoir disposer de terre, puisse également disposer d’une pérennité économique, et donc que les exploitants agricoles souhaitant travailler sur le territoire d’Île-de-France puissent trouver des conditions économiques aptes à leur permettre de remplir leur activité ?

En pratiquement dix ans, dans certains départements qui disposaient encore de surfaces de maraîchage ou d’arboriculture importantes, 80 % de ces activités ont disparu, notamment dans l’Essonne et dans le Val-d’Oise, au profit d’exploitations agricoles de plus en plus vastes, avec de moins en moins de main d’œuvre.

L’aspect tourisme, et notamment tourisme rural, est aussi l’un des enjeux importants pour notre région. Il ne s’agit pas de faire venir les touristes de l’autre bout du monde pour visiter les espaces agricoles d’Île-de-France, mais d’inciter les Franciliens de la zone centralisée à aller passer des moments sympathiques dans ces zones rurales de l’Île-de-France afin qu’ils ne se sentent pas obligés de faire quelques centaines de kilomètres en 4x4 ou en avion pour aller passer 24 ou 48 heures dans des endroits agréables. Les enjeux écologiques sont également importants, notamment au niveau de la ressource en eau, laquelle est une inquiétude majeure pour les années qui viennent sur l’ensemble du territoire d’Île-de-France. Quelques études sont en cours au Conseil général de Seine-et-Marne et de celui du Val-d’Oise, qui indiquent que toutes les nappes phréatiques, donc que tous les pompages et que l’alimentation en eau potable des zones rurales seront impossibles dans les quinze à vingt ans à venir à partir de ressources locales.

Enjeux sur la biodiversité : la région Île-de-France a adopté une charte de la biodiversité incitant à promouvoir la biodiversité dans tous les milieux, que ce soit le milieu urbain, le milieu forestier et le milieu rural. Cette charte est proposée à l’ensemble de nos partenaires, qu’il s’agisse des grands gestionnaires d’espaces comme la SNCF, la RATP, ou des collectivités locales qui la signent à un bon rythme. Il s’agira de passer de la charte et des engagements de celle-ci à des actions concrètes.

D’autres enjeux sont également liés au transport. Avoir en Ile-de-France des salades qui sont de plus en plus souvent achetées à 500 ou 800 km, et qui viennent au cœur de l’Île-de-France en camion pose problème. Tout le monde sait que les émissions de gaz à effet de serre constituent l’un des enjeux massifs du XXIe siècle. Avoir des logiques agricoles qui sont renforcées par cette spécialisation venant des OGM et qui provoquent un accroissement inconsidéré des transports est donc enjeu local de pollution de l’air, mais c’est également un enjeu global d’impact écologique de chacun des citoyens franciliens.

La région Île-de-France avait publié en 2002 ou 2003 un guide de sécurité alimentaire en direction des collectivités locales, précisément au sujet de la restauration collective, qui abordait en autres le sujet des OGM. 

Sur de nombreux points, les OGM interfèrent en négatif.

Certains intervenants montreront qu’effectivement, une expansion des OGM, c’est à terme une réduction de la biodiversité. Lorsque l’on parle de la biodiversité, on ne pense pas nécessairement à notre région, mais celle-ci est relativement importante en Île-de-France. Si mes souvenirs sont bons, elle représente 50 % de la biodiversité française avec certains espaces qui sont quasiment de nature continentale, d’autres presque de nature méditerranéenne. C’est tout cela que nous devons maintenir. Tout cela revêt des aspects économiques importants, notamment avec la spécialisation des cultures qui sera favorisée par cette course vers les OGM n’ayant pratiquement que cela comme objectif. Il n’y a pas véritablement aujourd’hui, du moins dans les OGM existants sur le marché, d’objectif de qualité alimentaire ou de réduction des intrants dans l’agriculture. J’avais lu, il y a sept ou huit mois, dans La Recherche, un article faisant le point sur les consommations d’herbicides, de pesticides ou d’intrants dans divers territoires du monde ayant mis en œuvre des OGM. Cet article montrait qu’il n’y avait pas de réduction des intrants, et qu’y compris sur cet argument précis, les produits utilisés n’apportent pas une meilleure qualité.

Enfin, de nombreux débats portent sur la transformation du climat, donc de notre environnement, et des conditions écologiques qui permettront à telle ou telle culture de continuer à survivre dans telle ou telle région. Quels seront les impacts de l’évolution du climat sur notre environnement immédiat ? Est-ce que certaines cultures vont péricliter et d’autres se développer ? Nous devrons faire face dans les cinquante ans à venir à d’immenses incertitudes. Devant celles-ci, il paraît plus raisonnable de maintenir une certaine diversité, plutôt que d’avoir des régions qui se spécialisent de plus en plus.

Michel VAMPOUILLE -

Vice Président du Conseil Régional d’Ile de France Extraits des auditions du 14 juin 2004 au Conseil Régional d’Ile de France « OGM, LA REGION SE MOBILISE »

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